"La France a pris une position extrêmement claire. Je souhaite de tout coeur que Kadhafi vive ses derniers moments de chef d'Etat. Ce qu'il a fait, ce qu'il a décidé de faire, c'est à dire tirer à l'arme lourde sur sa population, est naturellement inacceptable", a déclaré M. Juppé sur la radio France Inter.
"On parle parfois de la non-ingérence dans les affaires des pays à travers la planète, mais il y a un autre devoir qui a été très clairement adopté par les Nations unies, c'est la responsabilité de protéger", a-t-il dit.
Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, avait estimé mercredi que la France et l'Italie étaient les mieux placées pour imposer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye, qui aurait pour but d'empêcher l'aviation libyenne de bombarder les opposants.
Interrogé sur l'hypothèse "parmi les options sur la table" d'une intervention militaire étrangère en Libye, M. Juppé a répondu : "Non. Il n'y a pas d'intervention militaire. Mais le durcissement des sanctions de tous ordres qui peuvent être prises, en particulier celle sur l'espace aérien, mérite d'être étudié".
"On attend tout de la France en Méditerranée. Essayons d'agir ensemble", a-t-il poursuivi, à propos des déclarations de son homologue américain.
"Lorsqu'un gouvernement n'est pas capable de protéger sa population lui-même, lorsqu'il l'agresse, alors la communauté internationale à le devoir d'intervenir", a encore estimé le ministre.
"C'est ce qu'a fait le Conseil de sécurité (de l'ONU) dans une déclaration très claire. C'est ce que fait l'Union européenne. Nous sommes en train de travailler aux sanctions, financières, commerciales, politiques également, qui pourront être prises", a-t-il déclaré.
"J'ajoute qu'il y a une Cour pénale internationale aujourd'hui sur la planète et que les criminels relèvent de cette Cour pénale internationale", a-t-il dit.


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