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Liban - La Situation

En attendant l’inspiration...

Le PM désigné Nagib Mikati, ici avec l’ambassadeur d’Égypte Ahmad Bediaoui, a poursuivi hier ses entretiens avec des représentants du 14 Mars. Photo Dalati Nohra

Avec le départ du président de la République, Michel Sleiman, pour le Vatican à la tête d'une délégation libanaise, il est devenu certain que le nouveau gouvernement ne verra pas le jour cette semaine. Les proches du Premier ministre désigné annoncent des signes positifs pour la semaine prochaine, mais aucun élément concret n'est venu hier confirmer l'hypothèse d'une naissance rapide du cabinet.
Les différentes parties campent sur leurs positions et aucun déblocage ne se profile encore à l'horizon. Le camp du 14 Mars poursuit toutefois ses contacts avec Nagib Mikati. Des représentants de l'ancienne majorité, ainsi que le député Tammam Salam, se sont réunis hier avec le Premier ministre désigné dans le but d'explorer les possibilités de leur participation au gouvernement. Mais ce camp continue d'exiger le tiers de blocage au sein du gouvernement, ce qui est totalement rejeté par l'actuelle majorité. Le 14 Mars exige aussi l'acceptation des conditions posées par l'ancien Premier ministre Fouad Siniora lors des concertations parlementaires menées par Nagib Mikati après sa désignation, à savoir un engagement clair du gouvernement envers le TSL. Ce qui constitue aussi un sujet de controverse avec le camp du 8 Mars. Même le Premier ministre Mikati refuse de donner ce genre d'engagement, assurant qu'il n'en a pris aucun avec le 8 Mars avant d'être désigné et qu'il ne voit pas par conséquent pourquoi il le ferait avec l'autre camp.
Toutefois ce sujet n'est pas seulement une exigence du 14 Mars. Chaque jour, des représentants de la communauté internationale rappellent au Premier ministre désigné la nécessité de respecter l'engagement du gouvernement libanais à l'égard du TSL. Hier, c'était au tour d'une délégation de membres du Congrès américain de tenir ces propos devant lui. Composée des sénateurs John McCaine et Joseph Liberman, la délégation américaine a été ainsi reçue par Nagib Mikati, en présence de l'ambassadrice Maura Connelly. M. Liberman a déclaré ensuite aux journalistes que l'administration américaine considère le Hezbollah comme une organisation terroriste. Par conséquent, la position américaine à l'égard du nouveau gouvernement dépendra de l'attitude du parti chiite et de celle du gouvernement au sujet du TSL, notamment après la publication de l'acte d'accusation.
Tout en affirmant avoir été heureux d'entendre les précisions de M. Mikati et tout en précisant que c'est aux Libanais de choisir leur gouvernement, M. Liberman a exprimé le souhait américain de voir naître un gouvernement « regroupant toutes les parties, selon les règles constitutionnelles ».
De son côté, le Premier ministre désigné n'a pas modifié son discours, depuis les premiers jours de sa nomination. Tout en affirmant que tant que le décret de formation du gouvernement n'a pas été publié, cela signifie que toutes les portes restent ouvertes, il a de nouveau insisté sur le fait qu'il ne songe pas à se récuser, convaincu que la poursuite de sa mission contribue à assurer la stabilité dans le pays. Avec subtilité, Nagib Mikati a affirmé qu'un gouvernement au Liban ne peut pas être monochrome ni regrouper toutes les parties. C'est donc sur les nuances qu'il compte travailler, ajoutant qu'il ne faut pas se hâter et former un cabinet sans s'assurer qu'il obtiendra la confiance du Parlement.
Pendant ce temps, Michel Aoun a poursuivi sa campagne contre « une part gouvernementale » qui serait accordée au président de la République qui n'est, selon lui, nullement prévue dans la Constitution. « S'il est de notre bord, a précisé Aoun, il n'a pas besoin d'une part gouvernementale et s'il est contre nous, il serait illogique de lui donner des ministres... »
Dans le camp adverse, le bloc parlementaire Liban d'abord a tenu hier une réunion sous la présidence de Fouad Siniora et a mis l'accent sur le danger de se lancer dans un gouvernement monochrome... Comme on le voit, les divergences restent grandes et aucun événement n'est venu hier modifier ce statu quo.
C'est plutôt vers le Vatican que se tourneront aujourd'hui et demain les regards des Libanais, notamment les chrétiens, où la statue de saint Maron devrait désormais figurer en bonne place. Le président Sleiman, mais aussi le patriarche Sfeir, des députés et de nombreuses personnalités assisteront à la cérémonie en hommage au saint patron de la communauté maronite, alors que le chef de l'État devra aussi être reçu par le pape dans la matinée de jeudi. Un vent de spiritualité ne serait pas de trop pour aider les Libanais à retrouver leurs esprits et inspirer le Premier ministre dans sa difficile mission...

 

S. H.

Avec le départ du président de la République, Michel Sleiman, pour le Vatican à la tête d'une délégation libanaise, il est devenu certain que le nouveau gouvernement ne verra pas le jour cette semaine. Les proches du Premier ministre désigné annoncent des signes positifs pour la semaine prochaine, mais aucun élément concret n'est venu hier confirmer l'hypothèse d'une naissance rapide du cabinet. Les différentes parties campent sur leurs positions et aucun déblocage ne se profile encore à l'horizon. Le camp du 14 Mars poursuit toutefois ses contacts avec Nagib Mikati. Des représentants de l'ancienne majorité, ainsi que le député Tammam Salam, se sont réunis hier avec le Premier ministre désigné dans le but d'explorer les possibilités de leur participation au gouvernement. Mais ce camp continue d'exiger le tiers de...
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