Milos Raonic, qui ne disputait que le 9e tournoi ATP de sa carrière à Memphis, bouscule toutes les hiérarchies. Au sud de l’Amérique du Nord, le tennis s’affole. Jusqu’où peut aller ce gamin de 20 ans ? Fort d’une vingtaine d’aces par match, quand ce n’est pas 38 comme lors de son match au 2e tour au tournoi de Memphis face à Radek Stepanek, le Canadien d’origine monténégrine est passé en un an du 360e au 59e rang mondial et vit un conte de fées depuis le début de saison. Il avait gagné sept matches en janvier à l’Open d’Australie pour atteindre les 8es de finale du premier tournoi du grand chelem de la saison, avant de remporter dans la foulée le tournoi de San José et d’atteindre la finale à Memphis.
Le Canada attendait ça depuis longtemps
152e mondial au moment d'aborder l'Open d'Australie, le Canadien, contraint de passer par trois tours de qualifications, s'est révélé aux yeux du monde en atteignant les huitièmes de finale à Melbourne (défaite contre David Ferrer). Un parcours qui lui a permis de prendre confiance en lui. Vainqueur du tournoi de San José la semaine dernière, le premier titre d'un Canadien depuis celui décroché par Greg Rusedski à Séoul en avril 1995 - juste avant que ce dernier ne décide de défendre les couleurs de la Grande-Bretagne -, Raonic n'a été stoppé que par Andy Roddick en finale du tournoi de Memphis ce week-end (7-6, 6-7, 7-5).
Roddick lui prédit un bel avenir
« Aujourd'hui, j'ai eu de la chance car j'ai eu l'impression d'être dominé du début à la fin. Ce gars est le joueur le plus intéressant à arriver sur le circuit depuis un bon moment. Avec ce service, il va continuer d'enchaîner les matches et donc il va apprendre très vite. Je n'ai pas beaucoup vu de serveurs plus impressionnants que lui. Même un vieux joueur comme moi qui en a vu d'autres peut vous dire qu'il a un avenir brillant devant lui », déclarait l'Américain, vainqueur de son 30e titre ATP sur une magnifique balle de match, sans doute le plus beau point de sa carrière. Parfois comparé à Ivo Karlovic ou John Isner, Raonic (1,98m) a plus de potentiel que le Croate ou l'Américain.
Une marge de progression
Doté d'un coup droit dévastateur, capable de tenir l'échange, le Canadien possède encore une belle marge de progression.
« Maintenant, je vais me reposer (NDLR : il a déjà disputé cinq tournois depuis le début de la saison). Je suis fier, j'ai donné tout ce que j'avais. Ce n'est que le début, je vais continuer à travailler et à m'améliorer », indiquait, après sa défaite à Memphis, celui qui a été pénalisé dans sa jeunesse par une trop forte croissance. Désormais 37e à l'ATP, le meilleur classement de sa jeune carrière (22 places de mieux que lundi dernier), Raonic n'a certainement pas fini son ascension, même si elle devrait être moins fulgurante que ces dernières semaines.


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