"Ma démission est à cause de la violence massive contre des civils dans mon pays", a déclaré le diplomate, Ali Al-Issawi, dans un entretien téléphonique avec l'AFP. "Hier (lundi) ils ont commencé à utiliser des avions pour bombarder des civils qui manifestaient pacifiquement. C'est inacceptable", a-t-il ajouté.
L'ambassadeur a annoncé lundi à la BBC qu'il avait démissionné pour protester contre la violente répression par le régime des manifestations en cours dans son pays.
Le bilan de la répression en Libye se compte désormais en centaines de morts: Human Rights Watch avance le chiffre de 233 morts, tandis que la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) a fait état de 300 à 400 morts.
M. Al-Issawi a appelé la communauté internationale et le Conseil de sécurité de l'ONU, qui doit se réunir mardi pour discuter de la crise en Libye, à imposer une zone interdite de survol en Libye similaire à celle qui avait été imposée en 1991 à Saddam Hussein en Irak après la première guerre du Golfe.
"La communauté internationale doit intervenir pour protéger les Libyens", a déclaré l'ambassadeur qui avait pris ses fonctions à New Delhi en octobre 2010.
Le diplomate a considéré que le régime de Kadhafi avait perdu sa légitimité et qu'il finirait par tomber. "C'est une question de temps. Ce que nous voulons faire, c'est réduire le coût" de la chute du régime, a-t-il ajouté.
M. Al-Issawi, un ancien ministre du Commerce et des Investissements qui a aussi travaillé dans une agence libyenne de promotion des exportations, a déclaré ne pas savoir ce qu'il allait faire après avoir remis sa démission.
"En ce moment, je m'attèle à sauver mon peuple et à brandir la question des exécutions massives. Je ne pense pas à moi, à ma famille, à ma protection personnelle", a-t-il assuré.


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