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Moyen Orient et Monde - Égypte

El-Baradei craint pour les acquis de la « révolution »

L'opposant égyptien Mohammad el-Baradei a affirmé hier, dans le quotidien turc Milliyet, que l'organisation prématurée d'élections en Égypte balaierait les acquis de la « révolution » et ramènerait au pouvoir les partisans du président déchu Hosni Moubarak. « Si on se dépêche, si on organise des élections dans quatre ou cinq mois, c'en est fini de la révolution, l'ancien régime va se perpétuer sous un nouveau masque », a averti le Prix Nobel de la paix. « Le parti de Moubarak veut faire son retour sous une nouvelle enseigne. Ces gens possèdent déjà tout : l'argent, les médias... Aller trop vite aux élections, ça veut dire laisser l'ancien régime remonter sur scène avec un nouveau visage », a-t-il ajouté.
M. el-Baradei a préconisé la création d'un « conseil présidentiel » - composé de deux civils et d'un militaire - pour gérer une phase de transition comprenant la formation d'une Assemblée constituante, un référendum sur une nouvelle Constitution et le renforcement des partis politiques avant des élections qui auraient lieu au plus tôt d'ici à un an.
Dans une autre interview au quotidien espagnol El País, l'opposant égyptien a appelé l'armée à lever l'état d'urgence en vigueur depuis l'assassinat du président Anouar Sadate en 1981, afin de montrer que le pays va « dans la bonne direction ». « Les gens commencent à craindre qu'ils ne freinent la révolution et la limitent à des changements cosmétiques. Les militaires doivent prendre des mesures qui donnent confiance », a-t-il déclaré, n'excluant pas de se présenter aux prochaines élections.
Pour leur part, les Frères musulmans, qui constituent le mouvement le plus structuré du pays, ont réclamé samedi une purge visant les figures du régime de Hosni Moubarak et la dissolution des services de sécurité de l'État. « L'épuration ne peut être limitée à une poignée d'anciens responsables et d'hommes d'affaires corrompus, mais doit être étendue à tous ceux qui ont corrompu la vie politique et législative » du pays, a affirmé la confrérie dans un communiqué, réclamant aussi la démission des personnalités des médias qui ont soutenu le gouvernement.
Par ailleurs, la Cour administrative a approuvé samedi le premier parti islamiste d'Égypte, Wassat al-Gadid, qui avait tenté pendant des années d'obtenir sa légalisation, a rapporté l'agence officielle MENA. Le parti Wassat a été fondé en 1996 par d'anciens membres des Frères musulmans adeptes d'une interprétation plus libérale de l'islam. Parallèlement, les États-Unis ont regretté l'absence de femmes dans la commission chargée de proposer des amendements à la Constitution égyptienne, alors qu'elles aussi « ont manifesté pour le changement ». Une association de défense des droits des coptes a également critiqué la composition de cette commission, dénonçant une sous-représentation des chrétiens. En outre, les banques ont rouvert hier, a annoncé la télévision d'État.
Par ailleurs, un représentant de l'ex-président Moubarak a « catégoriquement démenti » hier auprès de l'agence MENA « les rumeurs infondées » sur sa fortune, qui ont récemment circulé dans plusieurs médias. Selon le ministère suisse des Affaires étrangères, les avoirs en Suisse de M. Moubarak et de son entourage se comptent en « dizaines de millions de francs » suisses.
En soirée, la télévision nationale a rapporté que les autorités ont libéré 108 prisonniers politiques, au lendemain d'un engagement pris à cet effet par le Premier ministre Ahmad Chafik.
L'opposant égyptien Mohammad el-Baradei a affirmé hier, dans le quotidien turc Milliyet, que l'organisation prématurée d'élections en Égypte balaierait les acquis de la « révolution » et ramènerait au pouvoir les partisans du président déchu Hosni Moubarak. « Si on se dépêche, si on organise des élections dans quatre ou cinq mois, c'en est fini de la révolution, l'ancien régime va se perpétuer sous un nouveau masque », a averti le Prix Nobel de la paix. « Le parti de Moubarak veut faire son retour sous une nouvelle enseigne. Ces gens possèdent déjà tout : l'argent, les médias... Aller trop vite aux élections, ça veut dire laisser l'ancien régime remonter sur scène avec un nouveau visage », a-t-il ajouté.M. el-Baradei a préconisé la création d'un « conseil présidentiel » - composé de deux...
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