révolutionnaires » lors de son arrestation. Mme Hachémi a finalement été libérée après avoir expliqué qu'elle se trouvait dans la rue pour « acheter des habits », a annoncé Fars peu après.
Mme Hachémi, ancienne députée, avait participé à la campagne du candidat réformateur Mir Hossein Moussavi lors de la présidentielle de juin 2009 qui a abouti à la réélection controversée du président Mahmoud Ahmadinejad et plongé le régime dans une crise politique grave. M. Rafsandjani est la cible depuis quelques semaines de critiques de plus en plus violentes au sein du camp conservateur au pouvoir, lui reprochant de ne pas avoir marqué assez clairement ses distances avec Mir Hossein Moussavi, ancien Premier ministre, et Mehdi Karoubi, ancien président du Parlement, qui ont pris la tête de l'opposition réformatrice. M. Karoubi a, pour sa part, renouvelé hier son appel à être jugé publiquement pour pouvoir se défendre des accusations portées contre lui.
De petits rassemblements, nombreux mais dispersés, ont eu lieu hier après-midi sur plusieurs places et avenues du centre de Téhéran. Les forces de l'ordre, déployées en masse selon des témoignages recueillis par l'AFP, sont intervenues pour empêcher ou disperser les rassemblements. Elles ont parfois fait usage de gaz lacrymogène, ont indiqué les sites d'opposition en évoquant un jeu du « chat et de la souris » entre police et manifestants. Les autorités ont fait intervenir massivement, comme à chaque manifestation, des policiers anti-émeute et miliciens islamistes en moto « pour intimider la population et empêcher la formation d'importants rassemblements ». Les correspondants de la presse étrangère n'ont pas été autorisés à se rendre sur place, selon une interdiction en vigueur depuis le début des manifestations antigouvernementales déclenchées par la réélection du président Ahmadinejad. Des rassemblements d'opposants ont aussi eu lieu à Ispahan et Chiraz.
Sur un autre plan, selon le mouvement d'opposition La Vague verte, un diplomate en poste en Italie a fait défection « afin de dénoncer la politique » du président Mahmoud Ahmadinejad et de son régime.
Par ailleurs, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a déclaré hier devant des religieux sunnites et chiites, réunis à Téhéran pour une conférence sur l'unité des musulmans, que la présence des États-Unis est le « principal problème du monde musulman » et qu'il faut « écarter ce problème ». « Heureusement, ils sont affaiblis. Les États-Unis d'aujourd'hui ne sont plus les États-Unis d'il y a 20 ou 30 ans », a-t-il ajouté. L'ayatollah Khamenei a également de nouveau insisté sur le caractère « islamique » des mouvements de contestation dans le monde arabe. Enfin, il a lancé un appel à l'unité entre les musulmans chiites et sunnites. « Créer des divisions parmi les musulmans, évoquer des différends entre sunnites et chiites font partie du complot des ennemis qu'il faut combattre », a-t-il déclaré.

