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Lifestyle - Société

Les oiseaux chanteurs, bêtes à concours en Indonésie

La plupart des volatiles participant aux concours sont capturés en pleine nature dans les forêts tropicales.

Le coût de certains oiseaux chanteurs s’élève parfois à 30 000 dollars. Romeo Gacad/AFP

Il s'appelle Samuraï et possède un beau plumage jaune, mais c'est pour son pépiement que le canari est cajolé par son maître : dans quelques minutes débute l'un de ces concours de chant d'oiseaux qui passionnent les Indonésiens. Quelques gouttes d'eau vaporisées sur le bec, de derniers encouragements et la cage de Samuraï est suspendue à un crochet à trois mètres de haut, au milieu d'une quarantaine d'autres.
Effervescente, l'ambiance dans ce parc de Djakarta ressemble à celle de la salle de marché d'une grande Bourse. Les maîtres remuent doigts et bras en tout sens pour communiquer avec leur oiseau. Les spectateurs interpellent leur favori, s'enthousiasment, parient.
Dans une telle ambiance, impossible d'écouter les volatiles. Les six juges prennent donc place juste en dessous des cages, tendant leurs oreilles expertes.
« Chaque lieu de concours est différent », témoigne Binsar, secrétaire de l'Association pour la conservation des oiseaux. « Dans certains endroits, les spectateurs se tiennent tranquilles, écoutant les oiseaux en sirotant un thé. Mais, dans d'autres, c'est la folie. »
Après 20 minutes de compétition, les juges se rassemblent pour délibérer. Ils placent un écusson sur la cage de l'oiseau ayant ravi leur ouïe par son répertoire.
Dans la foule, deux hommes se congratulent avant de récolter le prix de 200 dollars gagné par leur poulain. Le maître de Samuraï est déçu : son serin sort bredouille.
Les concours de chant d'oiseaux sont un loisir sérieux en Indonésie. Ils pèsent plus de 80 millions de dollars par an, de la vente des oiseaux à l'élevage des vers et criquets pour les nourrir, en passant par la fabrication des cages, selon une étude réalisée en 2006 par l'université d'Oxford et l'association Birds Indonesia. Ce rapport estimait à un million le nombre d'oiseaux chanteurs élevés dans le pays et à 75 000 le nombre de passionnés.
Certains oiseaux ont atteint le rang de stars, comme le champion Zemorana, dont le corps orange « se secouait comme un tremblement de terre » lorsqu'il s'égosillait. Son propriétaire l'a cédé, en pleine gloire, pour 30 000 dollars.
Les plus enthousiastes ne reculent pas devant la dépense. Duta Ong, le patron aisé d'une entreprise de télécommunications, emploie ainsi trois personnes à temps complet pour entraîner, nourrir et soigner ses oiseaux chanteurs. « Vous essayez de les préparer le mieux possible aux concours. Mais ce sont des êtres vivants. Ils peuvent être plus ou moins en forme le jour J », souligne-t-il.
L'homme d'affaires a débuté sa collection il y a environ dix ans, déçu de ne plus entendre à Djakarta les chants de la nature ayant bercé son enfance dans le centre de l'île de Java. « Cela me manquait de ne plus être réveillé par les oiseaux. J'en ai acheté un, puis deux... Jusqu'à en posséder 130 aujourd'hui. »
Pour M. Ong, participer aux concours est davantage une affaire de plaisir et de prestige que d'argent. « Des passionnés fortunés me proposent d'acheter mes oiseaux, parfois pour 20 000 dollars pièce, mais je refuse. »
La plupart des volatiles participant aux concours sont capturés en pleine nature dans les forêts tropicales et les bois de l'immense archipel indonésien.
Pour mieux protéger les espèces sauvages, des associations de protection de la nature ont lancé depuis quelques années des concours réservés aux oiseaux nés en captivité.
Il s'appelle Samuraï et possède un beau plumage jaune, mais c'est pour son pépiement que le canari est cajolé par son maître : dans quelques minutes débute l'un de ces concours de chant d'oiseaux qui passionnent les Indonésiens. Quelques gouttes d'eau vaporisées sur le bec, de derniers encouragements et la cage de Samuraï est suspendue à un crochet à trois mètres de haut, au milieu d'une quarantaine d'autres.Effervescente, l'ambiance dans ce parc de Djakarta ressemble à celle de la salle de marché d'une grande Bourse. Les maîtres remuent doigts et bras en tout sens pour communiquer avec leur oiseau. Les spectateurs interpellent leur favori, s'enthousiasment, parient.Dans une telle ambiance, impossible d'écouter les volatiles. Les six juges prennent donc place juste en dessous des cages, tendant leurs oreilles...
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