Rechercher
Rechercher

CD, DVD - Un Peu Plus De...

2al wou 2il

Il m'a dit que tu lui as dit qu'elle t'avait dit que j'avais dit... Le téléphone cassé (ou arabe, selon la culture). 7emem ma2tou3a mayto. Dialogue de sourds. 7aké terchen.
Combien de fois ? Combien de fois tout est parti en vrille, en couilles, parce qu'une phrase a été rapportée, travestie, exagérée. Parce que, quelle que soit l'intention, une fois qu'un propos est répété, ça finit toujours mal. Même si c'est pour faire plaisir. Même si c'est pour abonder dans un sens. Même si c'est pour défendre... On le fait. Tous et toutes. Pour argumenter. Pour appuyer sa théorie, son idée. Parce qu'on a raison. Parce que c'est la loi du plus fort. Mais un mot. Le mot de trop, et ça dérape. Combien de fois la mayonnaise a-t-elle tourné parce que l'autre a mal compris, entendu que ce qu'il a bien voulu entendre. Ou entendu sans écouter. Nuance. Entendre, c'est percevoir un son. Écouter, c'est porter attention. Ne pas écouter donc, pour sortir ensuite vos phrases de leur contexte. Les dénaturer. Puis vous envoyer à la figure une série d'invectives que vous avez « sûrement » méritées.
La discussion est une chose difficile. Elle est souvent destructrice. Rarement constructive quand on ne la contrôle pas. Compliqué de parler avec l'autre. De se faire comprendre. Tout prête à confusion. De la langue qu'on utilise aux mots que l'on emploie, rien ne doit être laissé au hasard. La parole est un art. Que peu de gens maîtrisent. Et dont beaucoup abusent. « On ne répond pas à son père. » « On ne discute pas une phrase énoncée par un professeur. » Il y a peu de dialogues. Des duels de monologues, oui. Des tas. Et quasiment rien que ça. On se cramponne à ses idées. On s'accroche à son avis, aussi ridicule soit-il, aussi con soit-il. Juste pour contredire. Pour ne pas céder. Pour ne pas s'avouer vaincu. Une chari3a. Une vraie. En bonne et due forme. Avec de la mauvaise foi qui fait office d'argumentation. Une attaque à la place d'une défense. « Tu m'as fait de la peine hier. » « Oui, mais toi, avant-hier, tu m'as dit que... » Qui de la poule ou de l'œuf. Et ça va en crescendo. Un petit mensonge par-ci, un autre par-là. Et une toute petite, anodine et informelle discussion tourne en engueulade. En pugilat écœurant. Pourtant ce n'était pas le but. On voulait juste converser. Papoter. Mais ce jour-là, X était mal luné. Y, fatiguée. N, déprimé. S, larguée. K, en PMS. Chacun est arrivé avec ses bagages émotionnels. Ses rancœurs, son vase trop plein et sa susceptibilité. X a agressé N. S a pris sa défense, K a fait la sourde oreille et Y s'est endormie. On était parti pour prendre un verre et parler du dernier film de David Fincher. Ça a fini en Fight Club. C'est Fincher qui doit être content... Content parce que regarder des gens discuter, c'est comme jouer une partie de Risk. Chacun y va de sa stratégie pour convaincre, pour chéri3, faire un statement. Avec tour à tour des armes aussi vicieuses les unes que les autres. Il y a celui qui monte la voix. L'autre qui vous culpabilise. Le troisième qui se pose en victime. La quatrième qui pleure. Le cinquième qui fait le faux naïf. Le sixième qui fera du second degré. On ne sait jamais, le mi-figue mi-raisin peut fonctionner. Et tout le monde se joue de tout le monde. Chacun à sa façon. C'est génial. À chacun sa manière d'utiliser les mots, de les poser au bon endroit et surtout au bon moment. Un vrai jeu de mots/maux. Le plus fort gagnera. Et ce n'est jamais celui qu'on croit. Les discussions à deux ou à plusieurs ne sont pas aisées. Heureusement que certaines fonctionnent. Mais la majeure partie d'entre elles finissent mal en général. Comme les histoires d'amour. C'est peut-être pour cela, d'ailleurs, qu'on se parle moins. Ironique, non? Alors que nous sommes en pleine ère de la communication. On se livre par soubresauts. Par petits messages. Même nos conversations sont de la sorte. On s'interrompt soi-même. À cause d'un coup de fil, d'un SMS ou d'un BBM. On ne s'écoute plus. D'ailleurs, se sont-ils séparés parce qu'ils ne s'entendaient plus ou parce qu'ils ne s'étaient jamais écoutés ?
On devrait jouer au Cadavre Exquis. C'est plus drôle.
Il m'a dit que tu lui as dit qu'elle t'avait dit que j'avais dit... Le téléphone cassé (ou arabe, selon la culture). 7emem ma2tou3a mayto. Dialogue de sourds. 7aké terchen. Combien de fois ? Combien de fois tout est parti en vrille, en couilles, parce qu'une phrase a été rapportée, travestie, exagérée. Parce que, quelle que soit l'intention, une fois qu'un propos est répété, ça finit toujours mal. Même si c'est pour faire plaisir. Même si c'est pour abonder dans un sens. Même si c'est pour défendre... On le fait. Tous et toutes. Pour argumenter. Pour appuyer sa théorie, son idée. Parce qu'on a raison. Parce que c'est la loi du plus fort. Mais un mot. Le mot de trop, et ça dérape. Combien de fois la mayonnaise a-t-elle tourné parce que l'autre a mal compris, entendu que ce qu'il a bien voulu entendre. Ou entendu sans...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut