Quelque 500 hommes se sont rassemblés après la prière hebdomadaire du vendredi, sous l'étroite surveillance de la police, dans la ville de Jahra, à 50 kilomètres à l'ouest de la capitale.
Certains manifestants brandissaient le Coran, en scandant "Dieu est grand". D'autres arboraient des drapeaux koweïtiens ou des portraits de l'émir, réclamant le respect de leurs droits.
Des responsables des forces de sécurité ont tenté en vain de convaincre les manifestants de se disperser lorsque la situation s'est tendue, avec des jets de pierre contre les forces de l'ordre, équipées de gaz lacrymogènes et de matraques.
Plusieurs députés ont appelé le gouvernement à ne pas recourir à la force.
"La manifestation des Bidoun est légitime et le gouvernement est responsable de cette situation car il n'est pas parvenu à la résoudre", a estimé notamment le député indépendant Daifallah Bouramia.
Les apatrides, estimés à 100.000 personnes, revendiquent la citoyenneté koweïtienne mais le gouvernement considère qu'ils cachent ou ont détruit leurs documents d'identité qui prouvent qu'ils portent d'autres nationalités.
Ces personnes ne bénéficient d'aucun droit au Koweït. Ils n'ont pas accès aux services publics, comme l'éducation et la santé, dont les Koweïtiens bénéficient gratuitement.
Quelques 20.000 Bidoun (littéralement "sans" en arabe) ont révélé leurs nationalités et ont obtenu des titres de séjour les autorisant à travailler au Koweït, ont déclaré les autorités.
Toutefois, la plupart des Bidoun soutiennent que leurs ancêtres bédouins n'ont pas demandé la nationalité en 1959, quand la première loi sur la naturalisation a été adoptée au Koweït.


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