Pourtant, du côté du 14 Mars, la situation paraît beaucoup plus claire. Des sources bien informées au sein de ce camp estiment en effet qu'au contraire, Nagib Mikati a déjà une formule ministérielle fin prête, qu'il devrait présenter au chef de l'État dans les 48 heures, avec ou sans l'approbation du chef du bloc parlementaire du Changement et de la Réforme, Michel Aoun. Ces sources précisent néanmoins que Nagib Mikati pourrait attendre le retour du chef de l'État de son déplacement prévu au Vatican la semaine prochaine. Ce qu'elles soulignent surtout, c'est que le Premier ministre désigné n'a encore fait aucune offre sérieuse et réelle au 14 Mars jusqu'à présent.
Mais ce qui est de plus en plus manifeste, selon ces sources, c'est la guerre ouverte que le député Michel Aoun mène contre le chef de l'État. Pas plus tard qu'hier, à l'antenne de la OTV, Michel Aoun exprimait ainsi son intention de ne vouloir accorder aucun portefeuille à l'équipe du président de la République. Mieux encore, le général aurait affirmé devant ses proches, toujours selon ces sources, que « Michel Sleiman devrait s'estimer heureux d'être encore à Baabda ». La guerre du Michel de Rabieh contre le président de la République n'a d'ailleurs pas épargné un troisième Michel (Murr), qui s'est retrouvé lui aussi hier dans la ligne de mire du chef du CPL.
Durant les dernières heures, le Hezbollah se serait ainsi évertué à convaincre le général Aoun de renoncer à la candidature de son gendre, Gebran Bassil, au ministère de l'Intérieur, position qui serait partagée par l'ensemble des courants du 8 Mars. Mais le chef du Courant patriotique libre s'obstine, de son côté, à vouloir barrer la route au candidat du chef de l'État à ce poste, le ministre sortant Ziyad Baroud, qu'il a traité au pied levé de « loser » en début de semaine. Le Premier ministre désigné, le Hezbollah et Damas auraient donc proposé à Michel Aoun un compromis en la personne de l'ancien ministre Nagy Boustany, l'un des conseillers du président de la République, l'un des avocats des quatre généraux et connu comme étant très proche du régime syrien. À cela s'ajouterait en outre un refus syrien de discuter avec le général Aoun du prochain cabinet.
Concernant enfin les préparatifs pour la grande manifestation du 14 mars 2011, les démarches vont bon train pour redynamiser l'opposition nationale plurielle de 2004-2005 qui avait réussi à provoquer le retrait des forces syriennes du pays. Les réunions se multiplient à différents niveaux pour faire de cet événement une nouvelle étape fondatrice dans la bataille pour l'édification de l'État de droit, souverain, libre, indépendant, et détenant le monopole de la violence légitime. Une bataille dont la revendication principale sera vraisemblablement la contestation des armes qui échappent encore au contrôle de l'État sur l'ensemble du territoire libanais.


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve