Des funérailles officielles ont été tenues pour les victimes de l’attentat-suicide à Mardan, hier. Photo Reuters
La décision a été prise lors d'une rencontre dimanche entre la secrétaire d'État indienne aux Affaires étrangères, Nirupama Rao, et son homologue pakistanais, Salman Bashir, en marge d'un sommet régional à Thimphu, la capitale du Bhoutan. « Ils ont convenu de reprendre le dialogue sur tous les sujets », indiquent les deux ministères. Un porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères, Vishnu Prakash, avait indiqué plus tôt à l'AFP que les autorités des deux pays se rencontreraient au cours « des prochaines semaines et des prochains mois » pour « faire un nécessaire travail de base ». Il n'a toutefois pas indiqué s'il s'agissait d'une reprise à part entière du processus de paix, connu sous le nom de « dialogue composite », entamé en 2004. « Il y a toujours une approche pas à pas qui est nécessaire pour réduire le déficit de confiance », a-t-il toutefois prévenu, ajoutant : « Nous essayons de trouver un moyen de faire avancer le processus. »
Interrogé par l'AFP, Kalim Bahadur, professeur à la retraite des études sur l'Asie du Sud à l'université Jawaharlal Nehru de New Delhi, a toutefois émis une note de prudence concernant une possible avancée sur le chemin du dialogue. « Le déficit de confiance est toujours très manifeste, donc je ne vois vraiment pas où cela peut conduire à court terme », a-t-il jugé. Pour leur part, les États-Unis espèrent que ces pourparlers seront « productifs ». « L'idée de les voir participer à des négociations de paix est quelque chose que le président encourage (...) », a déclaré le porte-parole du président américain Barack Obama, Robert Gibbs.
Sur un autre plan, 31 soldats ont été tués hier dans le nord-ouest du Pakistan par un adolescent en uniforme d'écolier. Le jeune kamikaze a fait exploser sa bombe dans un camp militaire à Mardan, une petite ville-garnison, au moment du passage en revue matinal des jeunes recrues. Les talibans alliés à el-Qaëda ont immédiatement revendiqué l'attaque auprès de l'AFP. « Le kamikaze était un adolescent, de 14 ou 15 ans », a déclaré à l'AFP Abdullah Khan, un officier de la police de Mardan. « Il ne faisait pas partie des élèves de l'école qui est dans le cantonnement militaire, il est venu de l'extérieur, mais il portait le même uniforme que les étudiants », a ajouté l'officier. Cette attaque est le dixième attentat en deux semaines au Pakistan.

