La note souveraine en devises est actuellement à Ba2. Moody's a également abaissé la note sur la dette en monnaie locale de Baa3 à Ba2, pour l'aligner avec celle de la dette en devises, et l'a également assortie d'une perspective négative.
Elle a indiqué que la note Ba2, sur la dette en devises et en monnaie locale, pourrait encore être abaissée si les troubles politiques aboutissaient à une détérioration des fondamentaux de l'économie jordanienne, notamment de la balance des paiements. Cela pourrait en conséquence entraîner une diminution des réserves de change ainsi qu'une hausse du déficit budgétaire.
L'agence de notation souligne qu'il y a eu dernièrement en Jordanie de nombreuses manifestations pour réclamer des réformes politiques et une amélioration du niveau de vie, qui n'ont toutefois pas atteint le niveau de celles en Tunisie ou en Égypte.
Face à la contestation, le roi Abdallah II a nommé un nouveau Premier ministre qui tente actuellement de former un gouvernement.
Le nouveau gouvernement pourrait relâcher la discipline budgétaire pour répondre au mécontentement après que le précédent a déjà annoncé en janvier une hausse des salaires et des retraites, ainsi qu'une baisse des taxes sur les carburants. Des mesures ont également été prises pour une baisse des prix des denrées alimentaires.
« Même si ces mesures peuvent se comprendre dans le cadre de la politique sociale, elles risquent d'avoir un effet négatif sur l'état des finances publiques », estime l'agence. La dette publique atteint environ 60 % du produit intérieur brut (PIB) pour une moyenne de 45 % pour les autres pays notés Ba2, souligne Moody's.
La Jordanie doit également importer la quasi-totalité de son pétrole et reste exposée à une éventuelle fuite des capitaux.

