« We The People » est un organisme à but non lucratif qui se consacre au renforcement de la pratique de la démocratie et la capacité des gens à façonner les lieux où ils vivent. Un exemple à suivre.
La charte du rassemblement
Vu l'état de pourrissement et de décadence dans lequel baigne notre pays,
et vu que le peuple libanais ploie sous le fardeau d'une situation économique et sociale de plus en plus précaire due à une gouvernance, pour le moins, médiocre et défaillante,
vu que son quotidien est constamment assombri par les manifestations d'une immoralité écœurante, du déficit de conscience, d'une émigration rampante, d'un taux de chômage élevé, d'une peur persistante pour l'avenir, d'une psychose permanente de l'éclatement d'une guerre avec son cortège de morts, de blessés, de destructions matérielles, couplée à la menace latente d'effondrement de l'État, en somme par des horizons fermés qui laissent entrevoir un désespoir collectif,
vu que ce peuple courageux et entreprenant aurait dû, tout au contraire, jouir de la tranquillité, de la sécurité, du développement durable, de la stabilité, de la confiance dans l'avenir et bénéficier d'une politique de planification pour de meilleurs lendemains en harmonie avec les progrès du siècle,
vu que l'État libanais est loin d'être à l'écoute des préoccupations de la population et de ses besoins et que l'autorité de l'État, lorsqu'elle s'exerce, cohabite avec le clanisme et l'esprit tribal, avec tout ce que cette cohabitation peut receler de favoritisme dans l'élaboration des lois et de partialité dans leur application, d'arbitraire et d'excès de toute sorte,
vu que l'appareil étatique, dans toute sa diversité, supposé être le refuge premier et dernier du citoyen, souffre d'une politisation généralisée de ses services, ce qui constitue une atteinte flagrante au principe d'égalité entre les citoyens consacré par la Constitution et une violation manifeste de leurs droits fondamentaux,
vu que ceux qui président aux destinées de la nation manquent de vision, d'ambition, d'amour profond pour la patrie, d'esprit de planification, de crédibilité et de transparence et par voie de conséquence se voient de plus en plus délestés de la confiance du peuple,
vu que ces derniers ont toujours ignoré, voire même négligé, le potentiel énorme de l'émigration libanaise et le rôle pionnier que celle-ci peut jouer dans le développement de notre pays et sa projection dans le XXIe siècle,
vu qu'une corruption galopante, effrontée et tentaculaire s'est infiltrée dans les services publics de l'État sans que rien (ou presque) ne soit entrepris pour la maîtriser,
et vu que le confessionnalisme, véritable fléau social dont les effets dévastateurs sont en contradiction totale avec les principes élémentaires d'édification des nations, sévit de manière presque maladive dans les cœurs et les esprits sans qu'aucune lueur d'espoir ne soit perceptible à ce jour pour en traiter les causes et les conséquences de manière adéquate,
vu que la dette publique a atteint des sommets surréalistes qui menacent de déstabiliser l'État et la société et d'en saper les fondements,
vu que la classe moyenne, colonne vertébrale de la structure sociétale libanaise, a subi une régression inquiétante et s'est dangereusement contractée,
vu que le Liban, d'acteur actif, s'est mué en entité passive, en raison de l'absence de loyalisme total des différentes factions politiques envers la patrie et la recherche constante par ces derniers de l'appui de l'étranger pour consolider leurs positions à l'intérieur avec pour conséquence, parmi d'autres, le reflux de la présence du Liban dans les instances régionales et internationales.
Pour toutes ces raisons et pour d'autres également, nous déclarons ce qui suit :
1- Il est grand temps que cette situation funeste se termine et que le peuple libanais sorte de sa torpeur et saisisse à deux mains ses responsabilités. Les Libanais, de toutes appartenances, croyances ou sensibilités - intellectuels, chercheurs, économistes, financiers, journalistes, industriels, commerçants, membres de professions libérales, artisans, ouvriers, étudiants et autres - sont tous invités à assumer leurs responsabilités nationales et historiques, à lever la voix haut et fort pour dénoncer les conséquences de la mauvaise gouvernance et contribuer au sauvetage de notre pays afin qu'il reste, tant pour nous que pour les générations futures, un havre de paix et de justice, la patrie que nous aimons profondément et dont nous sommes tous fiers.
2- Il est grand temps de voir l'État de droit renaître de ses cendres et s'élever dans toute sa splendeur, sa puissance et son éclat !
3- La vie politique libanaise est depuis l'indépendance tissée de compromis qui se succèdent les uns après les autres (le Pacte national en 1943, ni vainqueur ni vaincu en 1958, les accords du Caire en 1970, les accords de Taëf en 1989, les accords de Doha en 2007 et peut-être d'autres encore à l'avenir) et nous sommes tous sans ignorer que le compromis intervient en l'absence de solutions et s'en distingue clairement. Le Liban de 2011 n'est plus en mesure de supporter la poursuite d'une politique de compromis basée sur des accords amiables superficiels et provisoires dont la fragilité, la faiblesse et la précarité ne sont plus à prouver et qui se sont toujours avérés être des obstacles sur la voie de la construction de l'État. Le Liban a grand besoin aujourd'hui de solutions radicales solides et crédibles.
4- Dans un but d'intérêt général, nous appelons à une relecture objective et scientifique de la Constitution libanaise, loin des surenchères, afin de clarifier les textes obscurs ou ambigus et combler les lacunes éventuelles qui constituent, sans aucun doute, un terrain fertile et une plate-forme favorable aux dissensions et conflits internes. Nous appelons également à une réflexion collective destinée à faire évoluer notre Loi fondamentale et à lever tous les obstacles qui entravent la bonne application de celle-ci.
5- Afin de permettre à notre pays de jouer le rôle de « pays message » auquel nous aspirons tous, nous sollicitons des Nations unies l'adoption du Liban comme siège international pour le dialogue des civilisations, des cultures et des religions. Nous convenons tous que la grandeur de notre pays ne découle ni de sa superficie géographique ni de sa démographie explosive, mais tout simplement de la mission de « pays message » qui lui est dévolue et qui lui confère son sens véritable et la justification de son existence et de sa pérennité.
6- Nous appelons enfin à la sauvegarde des droits fondamentaux du citoyen : liberté, sécurité, justice et égalité, tout comme nous exigeons de l'État que soient assurés les droits à l'enseignement, aux soins médicaux, au travail, à l'habitat, au transport et à l'assurance- vieillesse, de même que le droit absolu à l'accès à l'ensemble des services publics de l'État à la tête desquels figurent ceux de l'eau et de l'électricité.
On peut signer cette charte à l'adresse électronique suivante :
http ://www.fbdl.globaladvocacy.com/charte.html

