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Manifestations: l'Europe lance une mise en garde au pouvoir égyptien

Les dirigeants européens ont mis en garde vendredi les autorités égyptiennes contre de nouvelles violences visant les manifestants, lors d'un sommet consacré plus largement à repenser leur stratégie très critiquée à l'égard du monde arabo-musulman.
"Si nous voyons aujourd'hui dans les rues du Caire de la violence orchestrée par l'Etat ou un recours à des voyous pour s'en prendre aux manifestants, alors l'Egypte et son régime perdront le reste de crédibilité et de soutien dont il dispose de la part de l'Occident, y compris de la Grande-Bretagne", a averti à son arrivée à un sommet de l'UE le Premier ministre britannique David Cameron.
L'Egypte se préparait vendredi à une journée de manifestation cruciale contre le président Hosni Moubarak, après 10 jours de protestations et de violences meurtrières sans précédent dans le pays. Les organisateurs espèrent mobiliser un million de personnes après la prière musulmane hebdomadaire.
"Nous attendons que les forces de sécurité égyptiennes fassent en sorte qu'en ce vendredi décisif des manifestations libres et pacifiques puissent se dérouler", a également averti la chancelière allemande Angela Merkel.
Fondamentalement, les Européens jugent que le passage de témoin à la tête du pays traîne trop en longueur.
"Franchement, les mesures prises jusqu'ici n'ont pas répondu aux aspirations de la population égyptienne", a estimé M. Cameron, tandis que la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a jugé "absolument essentiel" que les autorités égyptiennes démarrent sans tarder le dialogue avec l'opposition.
L'Europe peine toutefois à faire entendre sa voix sur un dossier où elle apparaît depuis le début à la traîne des Etats-Unis, comme auparavant lors de la révolution tunisienne.
Ses moyens de pressions potentiels sur le régime du président Moubarak se limitent à l'aide économique, qui doit atteindre un montant de 449 millions d'euros sur trois ans entre 2011 et 2013.
En outre, elle parle en ordre dispersé, ce qu'a déploré vendredi le Premier ministre belge Yves Leterme en marge du sommet. Il a reproché jeudi aux grands pays de l'UE de trop vouloir occuper le devant de la scène européenne sur l'Egypte et d'occulter la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, censée parler au nom des 27.
Au-delà, la vague de contestation qui ébranle le monde arabe, en Egypte, en Tunisie, au Yémen, en Jordanie et ailleurs, pousse l'Europe à une douloureuse remise en cause de ses priorités avec la région.
L'UE en tant que telle, mais aussi la plupart de ses pays membres, se voient reprocher aujourd'hui d'avoir trop longtemps toléré des régimes autoritaires sur la rive Sud de la Méditerranée par peur de l'islamisme.
"Il est incroyable, que nous, soi disant le continent démocratique, n'ayons pas encore réussi à donner notre soutien sans réserve aux masses qui sont dans la rue, des masses qui ne demandent rien d'autre que notre soutien", regrette l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, aujourd'hui chef de file des Libéraux au Parlement européen.
La politique de petits pas suivie jusqu'ici par l'UE avec son flanc Sud, qui parie d'abord sur l'aide économique dans l'espoir que le développement apportera les réformes démocratiques, est aujourd'hui critiqué. Des voix s'élèvent pour réclamer un inversement des priorités.
Ces questions ont relégué du coup au second plan les autres sujets du sommet européen, prévu pour s'achever en début de soirée: la politique énergétique de l'Europe et la crise en zone euro, avec une proposition franco-allemande de coordination accrue des politiques économiques nationales, d'ores et déjà rejetée par la Belgique.
Les dirigeants européens ont mis en garde vendredi les autorités égyptiennes contre de nouvelles violences visant les manifestants, lors d'un sommet consacré plus largement à repenser leur stratégie très critiquée à l'égard du monde arabo-musulman."Si nous voyons aujourd'hui dans les rues du Caire de la violence orchestrée par l'Etat ou un recours à des voyous pour s'en prendre aux manifestants, alors l'Egypte et son régime perdront le reste de crédibilité et de soutien dont il dispose de la part de l'Occident, y compris de la Grande-Bretagne", a averti à son arrivée à un sommet de l'UE le Premier ministre britannique David Cameron.L'Egypte se préparait vendredi à une journée de manifestation cruciale contre le président Hosni Moubarak, après 10 jours de protestations et de violences meurtrières sans...