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Liban - La Situation

Mikati : de petits pas en diplomatie secrète, les choses avancent

Avec une patience d'araignée, le Premier ministre désigné continue de tisser sa toile et de mettre en place les conditions de formation de son gouvernement. Selon ses proches, Nagib Mikati en est encore à dresser un inventaire des différentes positions en présence, loin des déclarations précipitées qui ont marqué la première phase des consultations.
Deux entretiens déterminants ont eu lieu à cet égard, hier, avec le chef du Courant patriotique libre et celui du PSP. Le général Michel Aoun a tenu à affirmer, à l'issue de la rencontre, qu'aucun désaccord ne l'oppose à M. Mikati au sujet du gouvernement. Ainsi, au moins de ce côté, le Premier ministre désigné a enfin pu obtenir d'avoir les coudées franches. Un bon point pour lui. On est par ailleurs obligé de croire le général Aoun quand il affirme que l'on n'en est pas encore à la répartition des portefeuilles.
Le second souci majeur de Nagib Mikati est d'élargir l'assiette de sa représentativité sunnite, principalement à Beyrouth. Jusqu'à présent, il ne semble pas avoir réussi à rompre l'unité des rangs du Courant du futur. D'un autre côté, il n'est pas question pour lui de répondre à leurs attentes, en leur garantissant par écrit qu'il ne dénoncera pas le protocole d'entente passé entre le Tribunal international et le ministère de la Justice. « Je ne me suis pas engagé avec le Hezbollah, il n'y a pas de raison pour que je m'engage avec le Courant du futur », est en substance l'énoncé de M. Mikati sur ce plan.
Il faut noter quand même, et curieusement, l'existence d'une convergence involontaire entre la position de M. Mikati, celle du Courant du futur et celle du Courant patriotique libre, au sujet du « gouvernement d'entente nationale », dans l'acceptation que lui accorde l'accord de Doha.
M. Mikati, en effet, n'a jamais caché son aversion pour l'accord de Doha. De son côté, au Hezbollah qui lui proposait « le tiers de blocage », ou encore « de garantie », le Courant du futur avait répondu par la négative, préférant ne pas faire une règle de cette exception, dans l'idée d'un retour au principe démocratique de l'alternance.
Ainsi, cette option étant pratiquement exclue, à moins d'un revirement extraordinaire, le Premier ministre désigné semble se diriger, comme le lui a conseillé hier Walid Joumblatt, vers un gouvernement équilibré formé de personnalités modérées, dont les engagements politiques se feraient sur la base de constantes nationales acceptées de tous, les dossiers controversés, et d'abord celui du Tribunal sur le Liban, étant évacués vers la « conférence nationale du dialogue » chère au chef de l'État, qui y voit le noyau de cette assemblée des sages destinée à paver la voie à une application intégrale de l'accord de Taëf.
Le projet est sans doute ambitieux, mais M. Mikati estime, en accord avec le chef de l'État et le président de la Chambre, que le seul projet politique viable, en ce moment, est à chercher dans cette direction. Dans les milieux du président désigné, on parlait aussi, hier soir, de l'existence de contacts indirects tout aussi décisifs que les rencontres publiques de M. Mikati, et l'on s'attendait à une prise de position déterminante, aujourd'hui, du 14 Mars, à l'égard du futur gouvernement. Toujours selon ces milieux, on assurait que c'est seulement la semaine prochaine que, l'organigramme du gouvernement achevé, avec permutation des portefeuilles entre les diverses communautés auxquelles ils sont traditionnellement attribués, les noms des futurs ministres commenceront à remplir les cases vides. En tout état de cause, on démentait catégoriquement, dans ces mêmes milieux, le délire spéculatif de ceux qui affirment que M. Mikati ferait traîner les choses délibérément, dans l'espoir que l'acte d'accusation de Daniel Bellemare tombe dans le vide institutionnel existant entre un gouvernement qui n'est pas formé, et un gouvernement d'expédition des affaires courantes, incapable de réagir.
« Le prochain gouvernement est en gestation, il représentera toutes les parties, sauf celles qui s'excluent elles-mêmes », affirmait-on non sans éloquence.
Avec une patience d'araignée, le Premier ministre désigné continue de tisser sa toile et de mettre en place les conditions de formation de son gouvernement. Selon ses proches, Nagib Mikati en est encore à dresser un inventaire des différentes positions en présence, loin des déclarations précipitées qui ont marqué la première phase des consultations. Deux entretiens déterminants ont eu lieu à cet égard, hier, avec le chef du Courant patriotique libre et celui du PSP. Le général Michel Aoun a tenu à affirmer, à l'issue de la rencontre, qu'aucun désaccord ne l'oppose à M. Mikati au sujet du gouvernement. Ainsi, au moins de ce côté, le Premier ministre désigné a enfin pu obtenir d'avoir les coudées franches. Un bon point pour lui. On est par ailleurs obligé de croire le général Aoun quand il affirme que l'on n'en...
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