"A la suite du discours du président Moubarak, le président de la République réitère son souhait qu'un processus de transition concret s'engage sans tarder et permette de répondre au désir de changement et de renouvellement exprimé avec force par la population", indique la présidence française dans un communiqué.
Le chef de l'Etat "appelle tous les responsables égyptiens à tout faire pour que ce processus crucial se déroule sans violence", poursuit l'Elysée.
"Liée à l'Egypte par une ancienne et profonde amitié, la France renouvelle son appui aux aspirations des Egyptiens pour une société libre, démocratique et diverse. Elle sera aux côtés de tous ceux qui entendent conserver un caractère pacifique et exemplaire à l'expression et à la satisfaction de ces attentes légitimes", conclut le chef de l'Etat.
Mardi soir, au terme d'une journée de mobilisation massive de plus d'un million d'Egyptiens dans tout le pays, Hosni Moubarak, 82 ans, au pouvoir depuis vingt-neuf ans, a annoncé dans un discours télévisé qu'il restait en place mais qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle de septembre.
L'appel de Nicolas Sarkozy intervient quelques heures après celui lancé par son homologue américain Barack Obama, qui a estimé qu'une "transition bien ordonnée doit être significative, elle doit être pacifique et elle doit commencer maintenant".
Même si M. Obama s'est abstenu d'appeler le président égyptien à démissionner immédiatement, comme l'exigent les manifestants en Egypte, ces déclarations ont été interprétées comme un "lâchage".
Très critiqué en France pour avoir soutenu contre la rue le régime déchu de l'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, Nicolas Sarkozy avait appelé samedi M. Moubarak au "changement" face aux "revendications légitimes" du peuple égyptien, dans un texte signé avec le Premier ministre britannique David Cameron et la chancelière allemande Angela Merkel.
Devant les chefs d'Etat et de gouvernement des pays de l'Union africaine (UA) réunis en sommet à Addis Abeba, le chef de l'Etat avait dimanche renouvelé le soutien de la France aux Egyptiens.
Sans citer explicitement la situation égyptienne, il avait également plaidé pour le "changement pacifique", invitant les dirigeants du continent à "devancer" les aspirations à la démocratie de leur peuple plutôt qu'à les "subir" afin d'éviter les violences.
Depuis son accession au pouvoir en 2007, Nicolas Sarkozy a fait de Hosni Moubarak un pièce maîtresse de la politique française au Moyen-Orient et en Méditerranée. Le chef de l'Etat a régulièrement loué la "sagesse" et la "modération" de son homologue égyptien et en a fait le partenaire numéro un de son Union pour la Méditerranée (UPM), aujourd'hui moribonde.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine