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Moyen Orient et Monde - Commémoration

La Russie célèbre la mémoire de Boris Eltsine

L'opposition estime que l'héritage politique du premier président de l'ère postsoviétique a été « dilapidé » par ses successeurs.

Naïna, la veuve de l’ancien président, déposant une gerbe de fleurs sur la tombe de son époux. Près de quatre ans après sa mort, Boris Eltsine symbolise encore pour nombre de Russes davantage le chaos économique, les guerres de clans au sein d’une oligarchie naissante dans les couloirs du Kremlin, ainsi que des épisodes peu glorieux alors qu’il était malade et diminué par l’alcool. Denis Sinyakov/Reuters

La Russie a célébré hier la mémoire du premier président de l'ère postsoviétique, Boris Eltsine, en se divisant sur son héritage en matière de libertés. Boris Eltsine, que l'opposition estime trahi par ses successeurs Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev, aurait eu 80 ans hier.
Les commémorations ont été organisées en grande pompe pour la première fois depuis le décès en 2007 à 76 ans de Boris Eltsine, avec notamment l'inauguration d'un monument à Ekaterinbourg, sa ville natale dans l'Oural, ainsi qu'un concert tenu hier soir au Bolchoï à Moscou. « La Russie doit être reconnaissante à Eltsine d'être resté sur la voie des (...) réformes dans une période très difficile », a déclaré le président Dmitri Medvedev lors de l'inauguration de la statue de marbre blanc. Boris Eltsine avait été dirigeant régional à l'époque soviétique dans cette ville, alors appelée Sverdlovsk, avant de monter à Moscou à la fin des années 1980, et concourir à la chute du régime soviétique en prenant la tête de l'opposition au putsch conservateur d'août 1991. M. Medvedev a vanté un homme de « caractère » et qui « aimait son pays », dont l'exercice du pouvoir a permis « l'avènement de la société civile » en Russie.
Pourtant, près de quatre ans après sa mort, Boris Eltsine symbolise encore pour nombre de Russes davantage le chaos économique, les guerres de clans au sein d'une oligarchie naissante dans les couloirs du Kremlin, ainsi que des épisodes peu glorieux alors qu'il était malade et diminué par l'alcool.
Les intervenants d'une série d'émissions sur les chaînes nationales ont vanté pour leur part ces derniers jours son « intuition » politique, sa fidélité aux libertés acquises et le rempart qu'il aura fait aux conservateurs et aux communistes. Vladimir Poutine, l'actuel Premier ministre largement considéré comme l'homme fort du pays, ne s'est de son côté pas encore exprimé sur la mémoire de celui qui le désigna fin 1999 comme son successeur au Kremlin. L'ex-chef de cabinet de Boris Eltsine, Valentin Ioumachev, a affirmé que celui-ci était « déçu » par la politique de son successeur, dans un entretien accordé hier au quotidien populaire Moskovski Komsomolets. « Je ne vais pas dire que ce n'est pas vrai », a répondu M. Ioumachev à une question du journal, rompant un présumé pacte de non-agression entre M. Poutine et les proches de l'ancien président. « Publiquement, il ne s'est exprimé que sur deux choses : le rétablissement de l'hymne soviétique (qui avait été remplacé après la chute de l'URSS en 1991) et la suppression de l'élection des gouverneurs », deux décisions prises par Vladimir Poutine lors de ses deux mandats au Kremlin (2000-2008), a ajouté M. Ioumachev. Mais « il y a (aujourd'hui) indéniablement des tendances qu'aurait regrettées Boris Nikolaevitch, comme nous les regrettons », a déclaré M. Ioumachev, qui est l'époux de la fille cadette de Boris Eltsine, Tatiana.
Un des leaders de l'opposition libérale, Boris Nemtsov, a été plus sévère encore. Les organisateurs du putsch de 1991 et ceux qui appelèrent à une insurrection armée en 1993 « ont tous été amnistiés », alors que « Poutine a condamné deux fois (l'ex-magnat du pétrole) Khodorkovski, la deuxième fois pour 14 ans », a-t-il rappelé dans un article publié sur l'Internet par la radio Echo de Moscou. « Eltsine a donné à la Russie une Constitution, Poutine l'a foulée aux pieds. (...) Eltsine a démissionné de son plein gré, et demandé pardon. Poutine s'accroche au pouvoir, et n'a pas l'intention de partir », a affirmé Boris Nemtsov, qui fut vice-Premier ministre dans les années 1990.
Boris Eltsine désigna un temps M. Nemtsov comme son possible successeur avant de choisir, à un moment où il était diminué par la maladie et pressé par l'instabilité politique, celui qui était alors le chef du FSB (ex-KGB).
La Russie a célébré hier la mémoire du premier président de l'ère postsoviétique, Boris Eltsine, en se divisant sur son héritage en matière de libertés. Boris Eltsine, que l'opposition estime trahi par ses successeurs Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev, aurait eu 80 ans hier.Les commémorations ont été organisées en grande pompe pour la première fois depuis le décès en 2007 à 76 ans de Boris Eltsine, avec notamment l'inauguration d'un monument à Ekaterinbourg, sa ville natale dans l'Oural, ainsi qu'un concert tenu hier soir au Bolchoï à Moscou. « La Russie doit être reconnaissante à Eltsine d'être resté sur la voie des (...) réformes dans une période très difficile », a déclaré le président Dmitri Medvedev lors de l'inauguration de la statue de marbre blanc. Boris Eltsine avait été dirigeant régional...
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