Baptisé "Confédération générale tunisienne du travail" (CGTT) et basé à Tunis, le syndicat sera dirigée par Habib Guiza, ancien secrétaire général de la section de l'UGTT à Gabès (sud) dans les années 80.
La CGTT veut "impulser et promouvoir le mouvement syndical en Tunisie, permettre aux salariés d'y adhérer librement (...), et de contribuer à la mise en place d'un ensemble de réformes visant l'amélioration et la modernisation des activités syndicales", selon l'agence officielle TAP.
Habib Guiza demandait depuis des années une autorisation pour créer son propre syndicat.
"Il ne s'agit pas d'une scission au sein de l'UGTT. L'UGTT n'est pas en concurrence avec cette Confédération", a déclaré à l'AFP Abid Briki, le secrétaire général adjoint de l'UGTT, rappelant que M. Guiza a quitté la centrale il y a plusieurs années.
"Nous avons toujours défendu le pluralisme syndical et politique. Nous sommes désormais en démocratie. La création d'une nouvelle centrale en est un exemple", a-t-il ajouté.
Le mouvement syndical tunisien est né au début des années 1920, sous l'impulsion de Mohamed Ali Hammi qui a créé le 19 janvier 1925 la première Confédération générale des travailleurs tunisiens, qui allait devenir quelques années plus tard l'UGTT.
Selon des analystes et historiens, l'UGTT a toujours été un mouvement très politisé, qui a participé au gouvernement après l'indépendance (1956), avant de s'opposer frontalement au président Habib Bourguiba, organisant de longues grèves dans les années 70 et 80.
Elle était sous le régime du président déchu Zine El Abidine Ben Ali (1987-2011) le seul contre-pouvoir disposant d'une implantation à l'échelle nationale, avec le mouvement islamiste Ennahda, qui fut laminé.
Ces dernières années, de fortes dissensions sont apparues au sein de la centrale, dont une partie des dirigeants sont accusés d'avoir été récupérés par le pouvoir.
Lors de la révolte qui a provoqué la chute de Ben Ali le 14 janvier, l'UGTT a retrouvé un rôle de premier plan, encadrant les manifestations dans le pays, avec notamment des grèves tournantes dans les principales villes.
Après être brièvement entrée au gouvernement de transition, elle s'en est retirée. Elle avait accordé toutefois sa confiance à l'équipe du Premier ministre Mohammed Ghannouchi mais prévenu qu'elle veillerait à empêcher toute "confiscation" du mouvement révolutionnaire.
Plusieurs de ses cadres réclament la création d'un Conseil pour la sauvegarde de la Révolution, qui validerait les réformes qui doivent être votées par un Parlement dominé par le RCD, l'ancien parti de Ben Ali.
L'UGTT revendique aujourd'hui 350.000 adhérents.


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