En réalité, comme l'a expliqué hier l'ancien député Ghattas Khoury : « Les Kataëb n'entreront au gouvernement qu'accompagnés de leurs alliés, pour obtenir le tiers de garantie et garantir ainsi la bonne marche du Tribunal spécial pour le Liban. (Mais le 8 Mars a-t-il toujours l'intention d'offrir le tiers de blocage au 14 Mars ?) Et le Dr Khoury d'ajouter « qu'il n'est pas interdit de dialoguer avec le Premier ministre désigné » .
C'est à cet exercice que compte s'essayer le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, qui rencontrera sous peu Nagib Mikati, fort d'un mandat explicite du 14 Mars. Ces contacts exploratoires, auxquels participera aussi M. Siniora, dans les prochains jours, doivent permettre à l'ancienne majorité de se faire une idée exacte de la marge de manœuvre de M. Mikati, que certains ont étiqueté trop rapidement, dans les jours qui ont immédiatement suivi sa désignation, comme ayant été » nommé « par le Hezbollah.
En fait, les choses sont plus nuancées, encore que la main de Damas soit clairement visible dans le tour de passe-passe qui a abouti à la désignation de Nagib Mikati. Le chef de l'État syrien s'est félicité, dans un entretien au Wall Street Journal, de la » transition en douceur « qui s'est opérée au Liban qui, selon lui, aurait pu glisser vers « des troubles et la guerre civile ». Sans que Damas n'y soit pour rien, bien sûr...
Le chef de l'État, Michel Sleiman, pour sa part, exprime lui aussi un certain « optimisme », après la désignation de M. Mikati, qui a obtenu hier l'appui des associations économiques, et auquel une CGTL démonétisée tient - pour la gloire - à faire entendre sa voix, le 10 février.
En attendant la fin des contacts, toute la République suit d'heure en heure ce qui se passe en Égypte et suppute les chances de voir le mouvement populaire s'étendre aux pays du Proche-Orient. Ce qui est certain, c'est que l'effervescence populaire peut monter à la tête de certains groupes, ou même de certains individus.
C'est la raison pour laquelle, d'ailleurs, le commandement militaire au Liban a pris au sérieux le message anonyme de menaces contre une école catholique parvenu au siège patriarcal maronite. Ces menaces n'ont pas été reçues par le patriarche lui-même, mais par diverses personnalités maronites, a-t-on confirmé hier de source proche du patriarche Sfeir. Dans l'impossibilité de remonter jusqu'aux auteurs de ces messages, envoyés par des portables Blackberry impossibles à décrypter, l'armée a donc renforcé substantiellement les mesures de sécurité autour et à l'intérieur du siège patriarcal de Bkerké.
En outre, les mesures de sécurité ont été renforcées sur la route de Harissa, où des barrages de contrôle d'identité ont été installés, ainsi qu'autour de la nonciature apostolique. « On est en crise et la région est en crise, il n'est pas étonnant que certains veuillent en profiter pour effrayer les chrétiens », commentait une source proche de Bkerké, qui a précisé, à l'intention de l'opinion, « que si le ton des menaces est violent, il faut garder à l'esprit que ces messages peuvent être l'œuvre de services secrets et se méfier des amalgames ». Et de préciser que les vandales qui se sont attaqués à l'église de Sabtieh, il y a quelques jours, sont des gamins de, respectivement, 9,10 et 11 ans...
Deux mots enfin de la valse des ministrables dont les premières notes se font déjà entendre. Alain Aoun au lieu de Gebran Bassil, entend-on dans les coulisses ; le retour de Jean Obeid aux Affaires étrangères, et en échange, l'attribution du ministère de la Défense à une personnalité proche de Nabih Berry ; une participation indirecte du Hezbollah, qui serait représenté par Adnane Sayyed Hussein, font partie des rumeurs qui circulent. Le gouvernement qui aurait la préférence de M. Mikati comprendrait 24 ministres.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef