Une photo de l’artiste intitulée « Suspended ».
Dans le choix des cadrages, dans la transparence de l'image, la composition académique et l'harmonie ou les contrastes de couleurs, il y a certainement des traces de ses études en graphisme. « J'ai toujours aimé la photo », explique-t-elle.
Lorsqu'elle s'embraque à Milan, à l'Istituto Europeano de Design, la jeune fille tente sa chance et propose également à l'établissement un portfolio de 31 photos. Elle obtient une bourse qui lui offre une année de rêve au bout de laquelle elle décroche un master en photo et une bonne connaissance technique. « Avec cette bourse, j'ai mis les bouchées doubles pour prouver que je la méritais ! » En 2007, elle remporte un concours organisé par L'Orient-Le Jour qui avait pour thème « Message de vie pour le Liban ». 17 000 votants ont aimé son cliché en noir et blanc d'un jeune homme brandissant sur la paume de ses mains le slogan « Stop the war ».
À son retour au Liban, elle crée son propre studio et s'attelle à la tâche. Photos publicitaires, pack shots, mais surtout la revue Magma, un peu son bébé, éditée par le groupe Malia, dont elle se charge tant de la forme que du fond. Depuis son lancement en mars 2009, la revue a édité quatre numéros qui mettent en avant les produits du groupe, mais aussi le talent de Janis qui acquiert, au fil du temps, de l'expérience et plus de maturité. « J'ai essayé d'en faire une revue, et non pas juste un catalogue de luxe. Il est pensé et construit autour de sujets différents et de personnalités célèbres. »
Ses sujets restent jeunes. Ses mises en scène baignent dans des ambiances langoureuses ou plus gaies. « Je sens, précise-t-elle, que je peux faire ce que je veux dans les photos de mode. Choisir le modèle, le thème, les vêtements, le décor et la pose. Il n'y a pas vraiment de règles et sinon, on peut les briser. Dans la photo reportage, on saisit ce qu'on voit et ce que l'actualité ou l'événement impose. »
Pour sa première exposition personnelle, Janis Sarraf a choisi un lieu de la nuit beyrouthine. « Le Zinc se prêtait bien à mes photos. De plus, il a toujours encouragé de jeunes talents qui sont par la suite devenus professionnels. »
Dans une ambiance un peu floue, les neuf photos occupent confortablement les murs. Les personnages semblent se mêler à la soirée. Empruntant des titres de poèmes, de chansons ou de films, la photographe, très « in the mood », « enchanted » et « suspended », qui aime surtout être « behind the scene », a adapté à sa façon Les Fleurs du mal et Pulp fiction. Les formats, souvent très grands, plus de 2 mètres pour certains, permettent d'apprécier l'exercice de style de la jeune femme. Un exercice qu'elle aime particulièrement, contrairement à celui de mannequin et dont elle dit : « Je suis bien là où je suis. Derrière la caméra. » Sourire légèrement timide. Janis Sarraf a réussi son examen de passage. À suivre.
* L'exposition se poursuit jusqu'au 18 février. Restaurant Zinc. Sodeco. Achrafieh.


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