"Les services de sécurité du sultanat ont réussi à démanteler une cellule d'espionnage relevant de la sûreté de l'Etat des Emirats arabes unis et qui prenait pour cible le régime d'Oman et les mécanismes d'action du gouvernement et de l'armée", a déclaré un porte-parole des services de sécurité, cité par l'agence officielle Ona.
"Découverte il y a environ cinq mois, la cellule d'espionnage a été suivie, puis démantelée par les services de renseignement omanais", selon une source proche du dossier à Mascate.
"Elle rassemblait des informations sur les activités militaires, sécuritaires et économiques au sultanat, et recevait en contrepartie d'importantes sommes d'argent des services de la sûreté de l'Etat des Emirats arabes unis", a-t-on ajouté de même source.
La cellule "s'est intéressée au processus de succession du sultan Qabous, en l'absence d'un héritier au trône", a révélé à l'AFP une source des services de sécurité omanais, qui a requis l'anonymat.
Le problème de la succession se pose en l'absence de progéniture du sultan Qabous, 70 ans, qui dirige Oman depuis le le renversement de son père en 1970.
Le sultan Qabous a été brièvement marié en 1976 à sa cousine Kamila, la fille de son oncle paternel Tariq ben Taymour, mais n'a pas eu d'enfants.
La loi fondamentale de l'Etat omanais, adoptée en 1996, stipule que la famille régnante se réunisse en cas de vacance de pouvoir pour choisir un successeur dans un délai de trois jours.
En cas de désaccord, le Conseil d'Oman, formé du Majlis al-Choura et du Conseil d'Etat, confirme la personne que l'actuel sultan aura proposé dans son testament.
"Les accusés seront poursuivis en justice conformément aux procédures en vigueur" dans le sultanat, a ajouté le porte-parole des services de sécurité sans préciser leur nombre, ni la date de leur procès ou devant quelle juridiction ils devront comparaître.
La Cour de sûreté de l'Etat d'Oman avait été annulée en septembre 2010 par un décret du sultan.
L'annonce du démantèlement de la cellule pourrait mettre à mal les bonnes relations entre le sultanat d'Oman et les Emirats arabes unis, tous deux membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui groupe aussi l'Arabie saoudite, Bahreïn, le Koweït et Qatar.
Les deux pays voisins, qui avaient finalisé en juillet 2008 la démarcation de leurs frontières longues de 1.000 km en vertu d'un accord conclu en juin 2002, entretiennent officiellement de bonnes relations au niveau bilatéral et dans le cadre du CCG.
Mais sur le plan diplomatique, ils marquent leurs différences sur certains dossiers régionaux comme celui de l'Iran, avec lequel Oman entretient, contrairement aux Emirats, de bonnes relations malgré les sanctions imposées à ce pays par l'Onu pour son programme nucléaire controversé.
En août 2009, le sultan Qabous, dont les déplacements à l'étranger sont rares, avait été le premier invité du président Mahmoud Ahmadinejad après sa confirmation à la tête de la République islamique au terme d'une élection présidentielle très controversée.
Oman avait toujours eu des relations très proches avec l'Iran et avait observé pendant la guerre entre ce pays et l'Irak (1980-88) une attitude de neutralité contrairement à la plupart de ses voisins arabes qui avaient soutenu le régime de l'ancien président Saddam Hussein.


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