Le vol British Airways de M. Ghannouchi a décollé à 08h49 GMT de l'aéroport de Londres-Gatwick, pour une arrivée prévue à Tunis à 12h25 (11h25 GMT), a-t-on appris de source aéroportuaire.
Peu auparavant, sa fille Soumaya Ghannouchi avait indiqué à l'AFP que Rached Ghannouchi avait embarqué à bord de l'appareil.
M. Ghannouchi a été aperçu par un journaliste de l'AFP pénétrant dans la zone de sécurité de l'aéroport de Londres-Gatwick, accompagné par une trentaine de partisans et journalistes.
Rentrant dans son pays après 22 ans d'exil, le leader islamiste est apparu souriant, posant pour les photographes devant un drapeau tunisien et embrassant des parents.
"Je suis très content", a-t-il déclaré en arabe à la presse. Interrogé sur ses intentions politiques, il a indiqué que son parti avait l'intention de participer aux prochaines législatives tunisiennes.
"Si des élections libres et équitables sont organisées, Ennahda y prendra part. Aux élections législatives, pas à la présidentielle", a-t-il ajouté, selon des propos traduits par sa fille.
"Nous ne croyons pas qu'un parti unique puisse gouverner. Un gouvernement d'union nationale serait le plus approprié pour l'instant", a-t-il estimé.
"La situation politique est encore confuse. Le gouvernement intérimaire change de ministres tous les jours. Ce n'est pas encore stable et ses pouvoirs ne sont pas encore clairement établis. On ne sait pas clairement pour combien de temps il sera là", a dit M. Ghannouchi.
Interrogé sur des informations de presse selon lesquelles il pourrait être accueilli par des manifestations hostiles à son retour en Tunisie, l'islamiste a répondu: "c'est une crainte basée sur l'ignorance". L'ancien régime tunisien faisait en sorte de "travestir tous ses opposants, de les traiter de terroristes", a-t-il déclaré.
Rached Ghannouchi, 69 ans, avait fondé en 1981 Ennahda (Renaissance), avec des intellectuels inspirés par les Frères musulmans égyptiens, et se dit aujourd'hui représentant d'un islam modéré proche de l'AKP turc. Ennahda était réprimé sous le président Zine El Abidine Ben Ali, qui a quitté la Tunisie mi-janvier, chassé par la "révolution du jasmin".
"La plupart de nos livres ont été traduits en turc et ont formé la base intellectuelle de l'AKP", a expliqué le leader, interrogé sur sa position vis-à-vis de l'instauration de la loi islamique en Tunisie.
"Tout cela n'a pas lieu d'être en Tunisie. Pendant de nombreuses années, nous nous sommes accordés avec les partis d'opposition sur une base commune, qui comprend la reconnaissance de la liberté de conscience et du pluralisme politique... Et nous nous sommes également accordés, par écrit, sur l'égalité des sexes", a-t-il assuré.
Evoquant ses 22 ans d'exil à Londres, il s'est déclaré "reconnaissant envers le Royaume-Uni de (lui) avoir offert refuge, protection et sécurité afin que Ben Ali ne puisse pas exercer de pressions en vue" de son expulsion.


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