Dans une réaction transmise à l'AFP, Société générale a indiqué qu'elle « reste vigilante sur l'évolution de la situation en Égypte ». La banque rappelle qu'elle est présente notamment au travers de sa filiale NSGB et dit avoir « pris toutes les dispositions utiles pour assurer la sécurité de ses collaborateurs et de ses clients dans le pays ». Dans une note également publiée hier, le courtier KBW indiquait que Société générale est la banque française la plus exposée en Égypte, le pays devant représenter environ 3 % du bénéfice net en 2011, selon son estimation, avec 3 700 personnes et 140 agences sur place.
De son côté, interrogé par l'AFP, Crédit agricole a affirmé qu'il « surveille de très près l'évolution de la situation », sans en dire plus. Selon KBW, Crédit agricole, qui possède 70 agences, est exposé à hauteur de 1,5 % du bénéfice net pour 2011. Par ailleurs, BNP Paribas, qui n'a pas été en mesure de réagir auprès de l'AFP, n'est exposée qu'à hauteur de 0,2 % du bénéfice net dans un pays où la banque a 41 agences, selon KBW.
Les banques françaises sont parmi les plus exposées en l'Égypte, leur engagement atteignant 17,6 milliards de dollars fin septembre, selon des chiffres fournis par la Banque des règlements internationaux (BRI), un montant qui reste très peu élevé au regard de la taille de leur bilan. À titre de comparaison, l'exposition des banques françaises est bien plus conséquente dans les pays les plus fragiles de la zone euro, atteignant 59,4 milliards de dollars en Grèce et 52,2 milliards en Irlande, selon des chiffres fournis par la Banque des règlements internationaux. Concernant l'Égypte, les banques françaises sont de loin les plus engagées, représentant près d'un tiers des prêts des banques étrangères (49 milliards de dollars au total, dont 40 milliards pour les seules banques européennes). La France distance le Royaume-Uni (10,7 milliards), l'Italie (6,3), les États-Unis (5,4) et l'Allemagne (2,5).

