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Mode - Haute Couture

Le printemps-été 2011, petites mains et grands moments

Chanel, couture printemps-été 2011.

Les défilés de haute couture ont commencé lundi à Paris pour trois journées bien remplies, s'enrichissant cette saison de trois nouveaux créateurs français, notamment le bouillonnant Alexandre Vauthier, déjà repéré par plusieurs stars américaines, dont la chanteuse Rihanna.
Les grandes maisons françaises qui défilent en couture se comptent désormais sur les doigts d'une main : Chanel, Dior, Gaultier et Givenchy. Les Italiens Valentino et Armani présentent aussi une collection couture, aux côtés des Libanais Élie Saab et Rabih Kayrouz.
Tous les six mois, les maisons bénéficiant de l'appellation « couture » se réunissent pour décider, sur dossier, d'autoriser un styliste à défiler comme invité. Dès lundi matin, les défilés printemps-été des petites et grandes maisons se succédaient : Dior et Armani, mais aussi Alexandre Vauthier et Christophe Josse.
Mardi, c'était la journée Chanel. Comme la saison dernière, Givenchy a renoncé au défilé, préférant la présentation de quelques silhouettes sur rendez-vous, place Vendôme, à des clientes et journalistes triés sur le volet. Stéphane Rolland, qui a déjà une clientèle fidèle, a défilé en début d'après-midi, et Julien Fournié dans la soirée.
Mercredi, c'était au tour de Jean Paul Gaultier, toujours très attendu, mais aussi de Valentino, du Français Franck Sorbier, du jeune Maxime Simoëns et du Libanais Rabih Kayrouz.

Galliano ressuscite la silhouette Christian Dior des années 1950
Le défilé Dior couture a ressuscité lundi le patrimoine de la maison, en dégradés de couleurs et volumes impressionnants. Épaules étroites, taille de guêpe et jupe qui finit juste sous le genou, ces femmes hitchcockiennes « semblent toutes frêles, englouties dans des plissés gigantesques », s'enthousiasme le cinéaste espagnol Pedro Almodovar en coulisses, qui ne peut s'empêcher de se demander « comment ces volumes tiennent en place ».
Sourcils surlignés de rouge encadrant de faux cils, parfois un trait à la Juliette Gréco, et des bouches vermeil, les mannequins arborent des gants longs, remontant bien au-dessus du coude, et des chaussures délicates à très haut talon, avec deux brides fragiles.
Le créateur affirmait à l'AFP : « J'ai été inspiré par les années 50, mais ce que je montre est très contemporain et tout à fait portable. »
Le couturier britannique signe notamment l'intensité des couleurs et sa façon si singulière de les combiner. Les broderies prennent souvent la forme d'un coup de crayon, en référence à l'illustrateur René Gruau qui a travaillé avec M. Dior et est cité comme inspiration de la collection.

Fraîcheur « nude » chez Chanel
Un vent de fraîcheur juvénile a soufflé mardi sur le défilé Chanel couture pour l'été prochain grâce à une déclinaison de robes roses de plus en plus pâles et de transparences nacrées sur des modèles sages, épaules couvertes et rares décolletés.
« On devine le corps sans le voir », résume l'actrice Diane Kruger à l'AFP en coulisses.
C'est une collection « assez pudique », reconnaît Karl Lagerfeld. « Nous vivons un tel déferlement de chair, qu'on a plutôt envie de raffinement, de retenue. Mais ce côté mystérieux n'empêche pas d'être étincelante ! Il y a aussi un mystère dans la fraîcheur », affirme-t-il. Le couturier dit s'être inspiré de la palette du peintre Marie Laurencin - « attention, première période », précise-t-il -, soit le début du XXe siècle, qui décline « des roses et des gris pâles évanescents, avec des touches plus soutenues et aussi des pointes de noir ». Des paillettes, cristaux et tubes de verre brodés, « il y en a au moins 10 millions sur ces tenues », souligne M. Lagerfeld, rendant hommage, comme il le fait régulièrement, à la patience infinie des petites mains dans les ateliers.

Givenchy au Japon
Chez Givenchy, Riccardo Tisci s'est inspiré du Japon, notamment de ses robots mais aussi de la grue, oiseau qui symbolise la chance, pour cette collection couture présentée en toute intimité dans un salon parisien. Seuls deux modèles circulent de pièce en pièce, les autres pièces sont montrées sur mannequin. Plusieurs robes, dont une a nécessité 4 000 heures de travail dans les ateliers, sont réalisées en fines lanières de cuir blanc, prolongées de plumes d'autruche et de tulle, avec des dos colorés et plus graphiques, comme un robot.
Le couturier libanais Georges Chakra, qui défilait en dehors du calendrier officiel, s'est inspiré d'une nature luxuriante avec des robes sculptées, courtes et longues, aux décolletés souvent asymétriques. « C'est une collection d'inspiration végétale, en référence à une nature un peu idéalisée, celle qu'on a dans la tête », a-t-il expliqué à l'AFP. Des verts et des bleus aquatiques en mode sirène côtoient des modèles couleurs pêche, abricot ou melon, parfois ornés de larges paillettes de plastique blanc ressemblant à des branches de palmiers. Des soies aux imprimés de fleurs et des transparences de tulle s'allient à des plumes d'autruche rasées et des volants d'organza sur une épaule ou sur le côté de la robe, comme ce bustier bleu aux volants blancs et gris.

« Force de caractère » chez Élie Saab
Entre force de caractère et fragilité, la femme Élie Saab scintille, et s'affirme.
À fleur de peau, dentelles et broderies rivalisent de subtilité, s'acoquinent et se superposent : rose thé, parme, framboise, vert anis et blanc craie, la palette de teintes fait souffler un vent printanier. Comme un bouquet sauvage, tulle, organza et mousseline imprimés s'entremêlent dans un flou impressionniste.
Marquées, les tailles affinent les passages : ceinturées d'un ruban de gros-grain ton sur ton, elles révèlent les silhouettes de manière princière. S'inspirent d'un autre temps.
Affleurant à la base du cou, les coupes couvrent le buste avec légèreté : comme embrassées, les épaules s'enveloppent de tulle blanc craie, de dentelle nervurée de noir ou rebrodée de pétales rose thé. Une nouvelle esthétique, qui souligne un port altier, s'accorde avec des tailles filiformes.
Avec une pointe d'insolence, des volumes courts s'ouvrent en corolle, s'évasent depuis la taille.
Par contraste, un bustier scindé en deux s'impose dans le sillage d'un fourreau noir entièrement rebrodé de perles onyx. Le glamour s'invite au cœur de la collection.
Réconciliant une féminité adoucie et une humeur pin-up, la femme Élie Saab défile avec une détermination rare.
Chez Gaultier, la mariée était un homme
Jean Paul Gaultier a joué avec l'univers du french cancan et du punk londonien, revisitant en clin d'œil tous ses codes personnels, entre marinière et corset poudré, au dernier jour des collections couture pour l'été prochain.
Pas de bande-son tonitruante cette fois, mais la voix enregistrée de Catherine Deneuve énonçant sobrement le numéro du modèle, suivie d'une description technique du vêtement dans un silence absolu, entrecoupé de quelques applaudissements.
C'est la comédienne, assise au premier rang aux côtés du cinéaste espagnol Pedro Almodovar, qui a soufflé cette idée au couturier. « Elle m'a reparlé de mes premiers défilés, que je présentais comme ça », explique-t-il en coulisses. « J'aime toujours, pour mes défilés, qu'il y ait du spectacle. Mais cette formule a un côté professionnel qui oblige à se concentrer sur le vêtement, à mieux voir ce qui se passe », ajoute-t-il, une crête d'Iroquois sur la tête, à l'instar de tous ses mannequins.
Une splendide robe composée de bandes d'organza bleu, turquoise, rouge et blanc, brodées une à une sur du tulle, à la verticale sur le buste et à l'horizontale sur la jupe, a nécessité des centaines d'heures de travail, expliquent à l'AFP les « petites mains » des ateliers, situés dans les étages supérieurs du bâtiment qui abrite le défilé.
Indécelable pour les non-initiés, la mariée... est un homme, coiffé d'une longue traîne noire. C'est le tout jeune mannequin bosniaque Andrej Pejic, au physique androgyne et à la beauté troublante, très demandé dans l'univers de la mode. Les larges bandes blanches de la robe se rétrécissent une nouvelle fois autour de la taille, dessinant une silhouette féminine.
Place à la fête ! Une danseuse de cancan, dont la jupe inversée place les froufrous dessus, et non dessous, lève haut la jambe avant de se jeter sur le podium dans un grand écart.

Zuhair Murad et l'esprit du désert
En marge des défilés officiels, le couturier libanais Zuhair Murad donnait à voir dans les salons du Ritz une collection inspirée du désert, et notamment de légende de Thin Hinane, la belle berbère qui a fondé la tribu des Touareg en fuyant l'occupation romaine vers le Hoggar. Dans ses nouvelles créations, les plis des dunes se déclinent en drapés voluptueux et le miroitement des palmeraies en broderies métalliques. L'harmattan du Hoggar joue dans les multiples franges de soie ou de perles qui animent de petites robes courtes surmontées de caftans contemporains tout en transparence. La palette, sans surprise, emprunte au sable son miel, ses ors et ses beiges.
Les défilés de haute couture ont commencé lundi à Paris pour trois journées bien remplies, s'enrichissant cette saison de trois nouveaux créateurs français, notamment le bouillonnant Alexandre Vauthier, déjà repéré par plusieurs stars américaines, dont la chanteuse Rihanna.Les grandes maisons françaises qui défilent en couture se comptent désormais sur les doigts d'une main : Chanel, Dior, Gaultier et Givenchy. Les Italiens Valentino et Armani présentent aussi une collection couture, aux côtés des Libanais Élie Saab et Rabih Kayrouz. Tous les six mois, les maisons bénéficiant de l'appellation « couture » se réunissent pour décider, sur dossier, d'autoriser un styliste à défiler comme invité. Dès lundi matin, les défilés printemps-été des petites et grandes maisons se succédaient : Dior et Armani,...
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