Hillary Clinton a indiqué qu'elle appuyait l'appel lancé par la Jordanie pour que « le Liban maintienne son unité, sa sécurité et sa stabilité ».
Par ailleurs, une sénatrice américaine Sue Myrick, membre du comité des renseignements et présidente du groupe d'antiterrorisme au Sénat, a adressé hier une lettre au président américain Barack Obama, dans laquelle elle estime que « le pouvoir de plus en plus grand du Hezbollah (au Liban) devrait être une source d'inquiétude pour les Américains ». « Nous ne devons plus permettre à l'Iran d'accroître son influence au Moyen-Orient », a-t-elle poursuivi. « Monsieur le Président, je vous prie de faire preuve de solidarité avec le peuple libanais en rejetant toute reconnaissance d'un gouvernement dominé par le Hezbollah », a-t-elle conclu.
Hariri : « Ceux qui ont tué mon père ont voulu m'évincer »
Par ailleurs, le New York Times a publié hier des propos du Premier ministre sortant Saad Hariri dans lesquels il souligne qu'il a le « sentiment d'avoir été trahi, ce qui est dur ». « Mais c'est la politique », a-t-il ajouté. « Ceux qui ont tué Rafic Hariri en 2005 ne veulent pas de Saad Hariri au pouvoir, a-t-il également déclaré. Ce qui se passe aujourd'hui, c'est qu'ils tentent de finir ce qu'ils avaient commencé en 2005. »
Interrogé sur le fait de savoir si son père aurait réagi comme lui dans les mêmes conditions, Saad Hariri a répondu : « Il est très difficile de savoir. J'ai été loin dans ce que je voulais réaliser pour ce pays, malheureusement, on ne m'a pas rencontré à mi-chemin. » Il a cependant fait remarquer qu'il jouit « d'un soutien populaire » important.
Pour sa part, le Washington Post a souligné que « le Hezbollah, en nommant le Premier ministre libanais, a pratiquement mis fin à l'ère des leaders libanais pro-occidentaux, ce qui a poussé les États-Unis à déclarer qu'ils pourraient couper les aides au Liban ». « Il est cependant clair que la capacité du Hezbollah à pousser les événements dans la direction qui lui convient est une réalisation politique importante pour lui, poursuit le journal. Cela indique apparemment que ce changement significatif de cours éloigne le Liban de ses alliances passées avec l'Arabie saoudite et les États-Unis pour le rapporcher de la Syrie et de l'Iran, qui soutiennent le Hezbollah. Pour cela, B.G. Crowley, porte-parole du département d'État américain, a reflété le sentiment d'inquiétude de Washington sur la possibilité de la formation d'un gouvernement où le Hezbollah tiendrait le rôle principal. »
Pas de guerre civile, selon Hersh
Enfin, le célèbre journaliste du New Yorker, Seymour Hersh, a estimé qu'il est « improbable qu'une guerre civile éclate (au Liban) à la suite de la publication de l'acte d'accusation » (du Tribunal spécial pour le Liban). Il a indiqué que « les Français œuvrent pour en retarder la publication » et que « des contacts sont établis actuellement entre le président syrien Bachar el-Assad et le président français Nicolas Sarkozy pour calmer la situation ».

