Le Liban est la "victime collatérale du blocage entre Israéliens et Palestiniens". "Tout vient de ce blocage intolérable (...), tout le monde le sait", a affirmé Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse au palais présidentiel de l'Elysée.
Le président français a aussi justifié le "rapprochement" de la France avec la Syrie, ancienne puissance de tutelle au Liban.
"La France se sert de cette amitié pour dire à la Syrie +Le Liban est indépendant et doit le rester+", et pour dire aussi que le Tribunal spécial pour le Liban "doit aller jusqu'au bout de son travail", a-t-il avancé.
La crise gouvernementale au Liban oppose le camp du Premier ministre sortant Saad Hariri, soutenu par Washington et Ryad, à celui du Hezbollah, soutenu par l'Iran et la Syrie, au sujet du tribunal de l'ONU chargé d'enquêter sur l'assassinat en 2005 de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, père de Saad. Le mouvement chiite s'attend à être mis en cause.
Selon un responsable français s'exprimant sous anonymat, la Syrie, qui a joué pendant deux ans le jeu de la stabilité du Liban, a sa responsabilité dans la chute récente du gouvernement libanais, provoquée par le Hezbollah et ses alliés.
La perspective de la nomination lundi comme Premier ministre de l'ex-dirigeant Najib Mikati, qui aurait les faveurs du Hezbollah, rend la France particulièrement inquiète. "Si cela se fait, cela revient à dire que le Hezbollah va contrôler le gouvernement", juge un autre responsable.
Au Liban, le gouvernement d'union nationale s'est effondré le 12 janvier après la démission des ministres du camp du Hezbollah. Le Premier ministre libanais en exercice Saad Hariri a annoncé lundi que sa formation ne participerait pas à un cabinet qui serait dirigé par un candidat du Hezbollah.
"La crise sert les extrémismes car cela permet de détourner l'attention de dossiers comme l'armement nucléaire de l'Iran (...) Nous refusons toute instrumentalisation du Liban au service d'intérêts qui sont des intérêts extérieurs", a aussi déclaré Nicolas Sarkozy.
La France "mobilise toute son énergie et tous ses moyens pour que le peuple libanais ne soit pas demain déchiré par une nouvelle crise", a-t-il dit. "Les Libanais ont le droit à l'indépendance de leur pays. C'est un objectif auquel nous consacrerons beaucoup de moyens, beaucoup de forces et beaucoup d'engagement", a-t-il précisé.
Pour lui, "c'est aux Libanais de choisir leur gouvernement et la France soutiendra les institutions légitimes du Liban". "La France veut préserver la miraculeuse diversité du Liban", a-t-il assuré.


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