Des policiers qui manifestaient en civil et en uniforme devant le siège du gouvernement ont bloqué un moment l'accès du bâtiment à la voiture du président tunisien de transition, Foued Mebazaa, avant d'être écartés en douceur par d'autres policiers en service.
Le groupe de policiers manifestants s'est joint à un autre groupe protestataires, en majorité des employés de mairie, pour réclamer de meilleures conditions de travail et le départ du gouvernement.
Les Tunisiens manifestent quotidiennement pour demander la démission du gouvernement d'union nationale formé lundi, trois jours après la fuite en Arabie saoudite du président déchu Zine El Abidine Ben Ali.
Vendredi, pour la première fois, des policiers avaient rejoint les manifestations à Tunis et dans plusieurs villes de province. Ils étaient nombreux samedi à défiler dans le centre-ville de Tunis, arborant un brassard rouge.
"Nous aussi avons pendant des années été victimes de l'arbitraire de Ben Ali", a expliqué un jeune policier de 28 ans qui a requis l'anonymat.
"Aujourd'hui, notre vie est menacée, les citoyens nous prennent pour des tueurs. Le peuple veut se venger, mais nous, nous sommes là pour assurer sa sécurité", a-t-il ajouté.
Il a aussi demandé, comme l'avaient fait la veille des policiers dans plusieurs villes de Tunisie, la création d'un syndicat pour défendre les droits de la profession.
La population tunisienne exprime ouvertement son hostilité à l'égard de la police, instrument privilégié du pouvoir de Ben Ali, qui s'est illustrée dans la répression sanglante de la "révolution de jasmin", qui a fait 100 morts en un mois selon les Nations unies.
"Je vous demande pardon et j'espère que vous nous pardonnerez", avait déclaré vendredi un policier en uniforme, Naïm Selmi, ovationné par la foule rassemblée devant le siège officiel des servicese du Premier ministre, la Kasbah de Tunis.


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