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Moyen Orient et Monde - Religion

Al-Azhar se fâche contre le pape

Poussée de fièvre sur le front du dialogue interreligieux. Hier, al-Azhar, la plus haute institution sunnite, établie au Caire, a annoncé la suspension de ses rencontres avec le Vatican. Cette décision est présentée comme la conséquence des « attaques répétées contre l'islam de la part du pape Benoît XVI ». Le Vatican a répondu que « la ligne d'ouverture et de désir de dialogue du Conseil pontifical » reste inchangée.

L’institution, dirigée par le grand imam cheikh Ahmad al-Tayyeb, critique les « ingérences » de Benoît XVI « dans les affaires intérieures des pays islamiques ».Mohammad Abdel-Ghany/Reuters et Tiziana Fabi/AFP

La plus haute institution sunnite, al-Azhar, qui siège au Caire, a décidé hier de suspendre ses rencontres avec le Vatican. « Le gel a été provoqué par les attaques répétées contre l'islam du pape Benoît XVI (...). Le pape a répété que les musulmans opprimaient les non-musulmans vivant avec eux au Moyen-Orient », selon un communiqué d'al-Azhar. Les déclarations du souverain pontife « sont très éloignées de la réalité et constituent une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures des pays islamiques », poursuit le communiqué, reprenant un argument déjà invoqué par le gouvernement égyptien. Al-Azhar et le Vatican tiennent des réunions deux fois par an, pour discuter de coopération. La suspension de ces réunions a été décidée lors d'une réunion extraordinaire des instances de l'institution sunnite, dirigée par le grand imam cheikh Ahmad al-Tayyeb. Proche du pouvoir égyptien - le grand imam est nommé par le président Hosni Moubarak -, al-Azhar se réclame d'un islam institutionnel modéré, censé notamment contrer l'influence des prédicateurs radicaux.
Le Vatican a rapidement réagi en affirmant vouloir poursuivre son « dialogue » avec ce centre d'enseignement et de diffusion de l'islam sunnite. « Quoi qu'il arrive, la ligne d'ouverture et de désir de dialogue du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux reste inchangée », a déclaré à la presse le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi.
Pendant la messe du 1er janvier, quelques heures après un attentat qui a fait 21 morts devant une église copte orthodoxe d'Alexandrie (nord de l'Égypte), le souverain pontife avait souligné l'« urgente nécessité » pour les gouvernements du Moyen-Orient d'adopter « des mesures efficaces pour la protection des minorités religieuses ». Quelques jours plus tard, il s'était déclaré favorable aux démarches en vue d'une « réponse concertée de l'Union européenne afin que les chrétiens soient défendus au Moyen-Orient ». Le 11 janvier, Le Caire avait rappelé pour consultations son ambassadeur au Vatican, jugeant que les propos du pape constituaient une « ingérence inacceptable » dans les affaires intérieures égyptiennes. Mis en difficulté sur la scène internationale et intérieure par l'attentat du Nouvel An, le pouvoir égyptien a affirmé à plusieurs reprises que la sécurité de ses citoyens de toutes confessions relevait de la seule souveraineté égyptienne. Ce durcissement de l'attitude du Caire face au Vatican « semble très lié à la situation politique égyptienne », a indiqué à l'AFP le vaticaniste Marco Politi, commentateur à Rome pour le journal Il Fatto Quoditiano (gauche).

La plus haute institution sunnite, al-Azhar, qui siège au Caire, a décidé hier de suspendre ses rencontres avec le Vatican. « Le gel a été provoqué par les attaques répétées contre l'islam du pape Benoît XVI (...). Le pape a répété que les musulmans opprimaient les non-musulmans vivant avec eux au Moyen-Orient », selon un communiqué d'al-Azhar. Les déclarations du souverain pontife « sont très éloignées de la réalité et constituent une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures des pays islamiques », poursuit le communiqué, reprenant un argument déjà invoqué par le gouvernement égyptien. Al-Azhar et le Vatican tiennent des réunions deux fois par an, pour discuter de coopération. La suspension de ces réunions a été décidée lors d'une réunion extraordinaire des instances de l'institution...
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