En est-il encore temps ?
Faudra-t-il passer par un autre 7 Mai, mais cette fois grandeur nature, pour espérer voir le bout du tunnel ?
En attendant the real thing, il y a eu mardi matin.
Un mardi matin somme toute tellement prévisible.
N'est-ce pas désolant pour le Hezbollah d'être autant à court d'idées ? Un déploiement d'éléments non armés... en T-shirt noirs ?
Certes, un artiste parfait toujours ses répétitions, peaufine les moindres détails, revoit son texte, anticipe la réaction de son public. Et la réaction du public, la voici : simple, humaine, normale. Ce déploiement non armé, mais portant en lui tous les germes de la démonstration de force pure et dure, aura suffi à semer le trouble dans les rues de la capitale et à pousser quelques écoles à fermer leurs portes, non sans laisser toutefois une ridicule impression de déjà-vu.
De fait, le citoyen lambda est aujourd'hui plus que jamais partagé entre trois états d'esprit : la peur et l'inquiétude, l'envie de quitter le pays, et enfin un désir totalement fou et injustifiable de continuer à vivre, comme si de rien n'était. Car le 7 Mai a bel et bien eu lieu, mais comme tout ce qui se produit dans ce pays où certains ont eu la chance - ou le malheur, c'est selon - de naître, les pages se tournent, et irrémédiablement elles se retrouvent, bien trop rapidement, dans les oubliettes de l'histoire. De l'histoire immédiate, cela s'entend.
À tout cela s'ajoute l'incompréhension. Totale.
S'il faut reprendre le discours du procureur du Tribunal spécial pour le Liban, et tout ce que les experts en droit déclarent à propos de la Cour de justice internationale, rien ni personne ne pourra arrêter le cours du tribunal.
Partant de là, deux questions méritent d'être posées :
Pourquoi l'opposition a-t-elle choisi d'opter pour une attitude désespérée, voire suicidaire - qui lui a d'ailleurs attiré les foudres d'une opinion publique plus que lasse - en envahissant les principaux axes du pays ?
Et pourquoi, d'autre part, la majorité au pouvoir ne décide-t-elle pas de lâcher du lest, en attendant la publication de l'acte d'accusation et le début du procès ? De fait, pourquoi ne pas avoir choisi d'adopter l'attitude sereine de celui qui croit en une justice internationale impartiale ?
Car s'il est vrai que cette instance n'est pas politisée, ce processus conduira, au final, à traduire les véritables coupables devant la justice. Et à leur demander des comptes.

