Y croire serait penser qu'il suffit d'un ordinateur et d'une connexion à Internet pour faire chuter un dictateur.
Y croire serait oublier de manière tout à fait indécente les morts tombés à Sidi Bouzid, Kasserine, Regueb, Douz et ailleurs.
Y croire serait faire fi du combat de longue haleine mené par une poignée d'hommes et de femmes dignes et courageux qui bravent depuis des années cette dictature dont les tentacules plongent profondément dans la société tunisienne.
Y croire serait oublier les prisonniers politiques qui croupissent dans les prisons de Ben Ali.
Y croire serait oublier les exilés politiques qui n'ont pas revu leur pays depuis tant d'années
Y croire serait oublier le soulèvement du Bassin Minier de Gafsa fin 2008 où les syndicalistes appelaient déjà à une répartition plus équitable des quelques richesses de la Tunisie.
Y croire serait oublier l'action des syndicalistes et des véritables partis politiques d'opposition qui, malgré leurs moyens dérisoires, n'ont jamais faibli.
Non, la « révolution » ne s'est pas faite sur Twitter ni sur Facebook.
Non, la « révolution » ne s'est pas faite en un mois.
Non, tous les Tunisiens n'ont pas connu la douceur de vivre au « Pays du jasmin ».
Ingénieure en informatique


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