Le député Ahmad Fatfat, membre du bloc parlementaire du Courant du futur, a estimé que « le report des consultations signifie que ce sujet est sorti du contexte libano-libanais ». Il a espéré que « l'opposition de l'autre camp restera dans le cadre institutionnel ». « La situation est très grave parce qu'il semble que l'autre camp ne veut pas de gouvernement », a-t-il conclu.
Pour sa part, le député Antoine Zahra, membre du bloc parlementaire des Forces libanaises, a estimé que le Liban se dirige vers une longue période marquée par l'impossibilité de former un gouvernement, « à moins que le président Hariri veuille tenter de former un cabinet issu de la majorité ». « Si le bloc du député Walid Joumblatt devait voter pour une seule personne, ce serait rassurant parce que tous ses députés nommeront le Premier ministre Hariri », a-t-il ajouté.
Le député Atef Majdalani (bloc du Futur) s'est lui aussi dit « étonné du report des consultations », estimant qu'il aurait préféré qu'elles aient lieu à la date prévue (hier). « L'autre camp aurait-il revendiqué ce report en attendant un feu vert de l'étranger ? » s'est-il demandé.
Interrogé sur la possibilité que l'opposition nomme un autre candidat que Hariri à la présidence du Conseil, le député Ammar Houri (bloc du Futur) a déclaré : « Nous respectons tout candidat dont le nom est évoqué. Mais dans une logique politique, je crois que l'autre camp commet une erreur, parce que l'affaire n'est pas liée à une personne mais va beaucoup plus loin. Elle a des répercussions sur l'union nationale et la stabilité, selon les règles en vigueur depuis l'accord de Taëf. »
Pour sa part, le député Jean Oghassabian a estimé que « la formation d'un gouvernement monochrome équivaut à une déclaration de guerre au Liban », appelant à « l'entente et à la formation d'un cabinet d'union nationale ».
La Rencontre indépendante du Kesrouan-Ftouh (proche du 14 Mars) a appelé à la nomination de Saad Hariri, mettant en garde contre toute tentative d'atermoiements à cet égard.
Le conseil national de la révolution du Cèdre a estimé de son côté que la démission des ministres de l'opposition était un « pas non calculé, puisqu'ils se rendront compte de leur erreur dès le début des concertations ».
Enfin, l'ancien député Salah Honein a mis l'accent sur le fait qu'« il n'est plus besoin de séparer le travail du gouvernement de celui du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), puisqu'il n'y a plus aucun lien entre eux ». « Qu'il y ait un gouvernement ou pas, rien ne peut mettre un terme à l'activité du TSL, à part une autre résolution internationale, ce qui est impossible », a-t-il ajouté.

