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Moyen Orient et Monde - Sud-Soudan

Salva Kiir appelle à pardonner au Nord

Les premières indications du référendum montrent un soutien quasi unanime à la sécession.

Des milliers de Soudanais ont manifesté samedi en faveur d’une plus grande autonomie des monts Nouba, enclave non arabe en territoire nordiste ayant combattu auprès des rebelles sudistes pendant la guerre civile. Aujourd’hui, la population des monts Nouba craint d’être abandonnée par le gouvernement du Nord après la sécession des frères sudistes. L’accord de paix ayant mis fin en 2005 à des décennies de guerre civile Nord-Sud n’a pas consacré le droit de la population des monts Nouba à un référendum pour décider de leur rattachement au Nord ou au Sud, mais prévoit tout de même des « consultations populaires » sur l’avenir du Kordofan-Sud, État nordiste où sont situés les monts Nouba, et de la région voisine du Nil Bleu. Khaled Desouki/AFP

Le chef sud-soudanais Salva Kiir a appelé hier la population à accorder son pardon au Nord pour les morts de la guerre civile, lors de sa première déclaration depuis la fin, samedi soir, du référendum qui doit mener à l'indépendance du Sud-Soudan. « Pour nos frères et sœurs morts, en particulier ceux décédés pendant la période des combats (...) nous devons, comme Jésus-Christ l'a dit sur la croix, pardonner à ceux qui ont causé leur mort », a déclaré Salva Kiir lors de son allocution à la cathédrale catholique de Sainte-Thérése à Juba, la capitale du Sud-Soudan.
Le référendum, qui s'est déroulé du 9 au 15 janvier, est le point-clé de l'accord de paix global ayant mis fin en 2005 à plus de deux décennies de guerre civile entre le Nord, musulman et en grande partie arabe, et le Sud, afro-chrétien. Un conflit ayant fait plus de deux millions de morts, nordistes et sudistes confondus.
Des bureaux de vote commençaient hier à diffuser des premiers résultats qui montrent un soutien quasi unanime de la population à l'option sécessionniste. Ces résultats demeurent épars et partiels, bien qu'ils confirment le pronostic des analystes et des responsables politiques soudanais. À l'université de Juba, 2 663 électeurs ont voté pour la sécession du Sud-Soudan, 69 pour l'unité, idem dans le centre de vote de Hay Malakal où 1 809 ont choisi l'indépendance, contre 75 l'unité, soit environ 97 % en faveur d'un Sud-Soudan indépendant.
« Nous l'avons fait, nous avons gagné, nous sommes libres », a déclaré un policier, John Gadet, en lisant les résultats du bureau de vote jouxtant le mausolée du leader historique de la rébellion sudiste John Garang, décédé en 2005 dans un crash d'hélicoptères après avoir signé la paix avec Khartoum. « Nous prions pour que la volonté du Soudan soit exprimée », a dit l'archevêque de Juba, Paulino Lukudu Loro, lors de la messe à la cathédrale Sainte-Thérése, appelant les scrutateurs à « faire le dépouillement sans mélanger les bulletins de vote, sans tricher, sans voler ».
Selon la commission référendaire, plus de 3,25 millions d'électeurs sur les quatre millions inscrits ont participé au référendum qui s'est déroulé, contre toute attente, dans les délais prévus et dans le calme. « C'est un excellent résultat au regard de toutes les normes internationales. J'ai vu plusieurs élections dans ce pays et je peux dire que ce scrutin a été le plus pacifique, le mieux ordonné et le plus tranquille », s'est félicité Mohammad Ibrahim Khalil, président de la commission référendaire.
Au Nord, l'on se concentrait d'ores et déjà sur les questions en suspens et les relations entre le Soudan et le futur État du Sud. « L'annonce des résultats ne sera pas une surprise (...), ce qui veut dire qu'à partir de cette semaine, il faudra qu'on traite de manière rationnelle avec la nouvelle réalité, parce que les quelques semaines à venir vont être extrêmement importantes pour dessiner les contours de la future relation entre l'État du Sud et l'État du Nord », estimait al-Ayyam, un des pionniers de la presse indépendante soudanaise.
Le chef sud-soudanais Salva Kiir a appelé hier la population à accorder son pardon au Nord pour les morts de la guerre civile, lors de sa première déclaration depuis la fin, samedi soir, du référendum qui doit mener à l'indépendance du Sud-Soudan. « Pour nos frères et sœurs morts, en particulier ceux décédés pendant la période des combats (...) nous devons, comme Jésus-Christ l'a dit sur la croix, pardonner à ceux qui ont causé leur mort », a déclaré Salva Kiir lors de son allocution à la cathédrale catholique de Sainte-Thérése à Juba, la capitale du Sud-Soudan.Le référendum, qui s'est déroulé du 9 au 15 janvier, est le point-clé de l'accord de paix global ayant mis fin en 2005 à plus de deux décennies de guerre civile entre le Nord, musulman et en grande partie arabe, et le Sud, afro-chrétien. Un...
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