Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Tunisie

Tunis toujours sous tension

À Tunis, la journée avait commencé dans un calme relatif, elle s’est achevée par des affrontements entre forces armées et partisans du chef de l’État déchu à Tunis et à Carthage. Le Premier ministre tunisien, qui pourrait annoncer le nouveau gouvernement aujourd’hui, a déclaré une tolérance zéro envers ceux qui portent atteinte à la sécurité du pays.

L’armée était toujours déployée hier à Tunis, où des tirs nourris ont été échangés dans l’après-midi. Fred Dufour/AFP

De violents affrontements ont opposé hier à Tunis forces de sécurité et éléments fidèles au chef de l'État déchu Ben Ali, deux jours après sa fuite en Arabie saoudite sous la pression de la rue. Des tirs, d'abord sporadiques, puis de plus en plus nourris ont été échangés pendant deux heures dans l'après-midi à Tunis entre des francs-tireurs cachés dans des immeubles et des policiers et militaires, près de l'avenue Bourguiba, ont constaté des journalistes de l'AFP. Deux francs-tireurs ont été abattus lors de ces affrontements, a annoncé à la télévision publique un officier de l'armée. Quelques heures plus tard, alors que le couvre-feu était en vigueur, l'armée a donné l'assaut au palais présidentiel de Carthage dans lequel sont retranchés des éléments de la garde présidentielle de Zine el-Abidine Ben Ali, selon une source sécuritaire tunisienne. Des habitants de Carthage ont également fait état de tirs dans ce secteur.
Alors que la nuit de vendredi à samedi avait été émaillée d'actes de vandalisme et de pillages, la capitale s'était pourtant réveillée dans le calme hier matin. Des comités de vigilance avaient organisé des rondes dans les quartiers. La situation s'est brusquement tendue en début d'après-midi.
La justice a par ailleurs annoncé hier l'arrestation de l'ex-chef de la sécurité du président tunisien déchu, le général Ali Sériati, qui a été formellement accusé d'être le responsable des pillages et exactions de ces derniers jours contre la population. Plusieurs témoignages avaient attribué ces récentes violences à des membres de l'appareil sécuritaire liés à Ben Ali et cherchant à créer le chaos pour favoriser son retour. L'ambassadeur démissionnaire de la Tunisie à l'Unesco, Mezri Haddad, a ainsi accusé M. Ben Ali d'avoir « prémédité l'anarchie avant son départ » du pouvoir vendredi et de « téléguider les opérations ». « Je l'accuse d'avoir choisi la politique de la terre brûlée », a-t-il ajouté dans un communiqué reçu par l'AFP.
En soirée, le Premier ministre Mohammad Ghannouchi a averti que les autorités de transition ne feraient preuve d' « aucune tolérance » envers « ceux, quels qu'ils soient, qui portent atteinte à la sécurité du pays », dans une déclaration téléphonique à la télévision publique. Un des neveux de Ben Ali, Kaïs Ben Ali, a d'ailleurs été interpellé à Msaken (centre), dans la nuit de samedi à dimanche avec dix personnes qui « tiraient en tous sens » à bord de véhicules de police, selon des témoins.
La sortie du chaos pourrait, selon l'ex-chef d'état-major français et ex-ambassadeur en Tunisie, l'amiral Jacques Lanxade, se faire grâce à l'armée qui pourrait être un « élément stabilisateur ». « C'est l'armée qui a lâché Ben Ali quand elle s'est refusée - à l'inverse de la police du régime - à tirer sur la foule », pendant les manifestations de la semaine passée, affirme-t-il au quotidien Le Parisien.
Sur le plan politique, le Premier ministre a consulté au palais du gouvernement des représentants des partis politiques pour amorcer le processus de transition. « La composition du nouveau gouvernement sera annoncée demain matin », a déclaré hier à l'AFP Maya Jribi, secrétaire générale du PDP, l'opposition légale la plus radicale en Tunisie, à l'issue de cette réunion. « Il a été décidé de manière consensuelle d'écarter les partis progouvernementaux », a-t-elle ajouté. Tout en faisant état d' « importants progrès » dans ces consultations, le Premier ministre tunisien s'est toutefois montré plus prudent, se bornant à déclarer que le nouveau gouvernement serait « peut-être » annoncé aujourd'hui. Samedi matin, le président par intérim Foued Mabazza avait annoncé que « tous les Tunisiens sans exception et sans exclusive » seraient associés au processus politique et a promis de consacrer le pluralisme et la démocratie.
Avec la chute du président Ben Ali, les portes de la Tunisie se rouvrent devant certaines personnalités. Ainsi, le militant tunisien des droits de l'homme, Kamel Jendoubi, en exil en France depuis 16 ans, a annoncé hier à l'AFP qu'il s'apprêtait à rentrer à Tunis. Le chef du parti tunisien islamiste Ennadha, Rached Ghannouchi, a également annoncé de Londres qu'il préparait son retour au pays et qu'il était disposé à travailler avec un gouvernement d'union nationale.
Par ailleurs, alors qu'un responsable de l'agence EPA avait annoncé la mort d'un de ses photographes, le consulat français à Tunis indiquait hier soir que le photographe franco-allemand de l'agence EPA Lucas Mebrouk Dolega, 32 ans, blessé vendredi à Tunis par un tir de grenade lacrymogène, était dans « un état critique mais stable ». Imed Trabelsi, neveu de l'épouse de l'ex-président, Leïla Trabelsi, a, pour sa part, bien succombé à une blessure à l'arme blanche à l'hôpital militaire de Tunis, dans des circonstances non éclaircies, a appris l'AFP auprès de l'établissement. C'est la première victime confirmée dans l'entourage immédiat du président déchu.
De violents affrontements ont opposé hier à Tunis forces de sécurité et éléments fidèles au chef de l'État déchu Ben Ali, deux jours après sa fuite en Arabie saoudite sous la pression de la rue. Des tirs, d'abord sporadiques, puis de plus en plus nourris ont été échangés pendant deux heures dans l'après-midi à Tunis entre des francs-tireurs cachés dans des immeubles et des policiers et militaires, près de l'avenue Bourguiba, ont constaté des journalistes de l'AFP. Deux francs-tireurs ont été abattus lors de ces affrontements, a annoncé à la télévision publique un officier de l'armée. Quelques heures plus tard, alors que le couvre-feu était en vigueur, l'armée a donné l'assaut au palais présidentiel de Carthage dans lequel sont retranchés des éléments de la garde présidentielle de Zine el-Abidine Ben Ali,...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut