Paris a lâché Ben Ali, après avoir tardé à le condamner
OLJ /
le 17 janvier 2011 à 01h16
La France a rompu samedi avec son langage d'extrême prudence maintenu depuis le début de la crise en Tunisie, achevant de lâcher Zine el-Abidine Ben Ali en affirmant pour la première fois son soutien à la révolution en cours. « Depuis plusieurs semaines, le peuple tunisien exprime sa volonté de démocratie. La France, que tant de liens d'amitié unissent à la Tunisie, lui apporte un soutien déterminé », a déclaré samedi Nicolas Sarkozy. Grand ami de la France, où il a longtemps été loué pour sa politique de développement économique et de lutte contre les islamistes, l'ex-président tunisien y est désormais persona non grata. La prise de position très molle de Paris après la répression des manifestations avait heurté les Tunisiens de France. Les intellectuels notamment « ont eu beaucoup de mal à avaler les propos de Michèle Alliot-Marie », la ministre des Affaires étrangères, a estimé Karim Émile Bitar, spécialiste du Maghreb à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS). En déplorant les violences, Michèle Alliot-Marie avait proposé, le 11 janvier devant l'Assemblée nationale, une coopération française à la Tunisie en matière de maintien de l'ordre et de gestion des manifestations. Ce n'est que jeudi, à la veille de la chute de M. Ben Ali, que le Premier ministre, François Fillon, avait condamné « l'utilisation disproportionnée de la violence » par la police tunisienne. La France a toujours été réticente à critiquer Ben Ali, un de ses principaux alliés en Afrique du Nord. Au contraire, ses dirigeants soulignaient régulièrement les points qu'ils jugeaient positifs dans son action. Lors d'une visite à Tunis en avril 2008, Nicolas Sarkozy avait créé l'émoi en affirmant qu'« aujourd'hui, l'espace des libertés progresse » en Tunisie.
La France a rompu samedi avec son langage d'extrême prudence maintenu depuis le début de la crise en Tunisie, achevant de lâcher Zine el-Abidine Ben Ali en affirmant pour la première fois son soutien à la révolution en cours. « Depuis plusieurs semaines, le peuple tunisien exprime sa volonté de démocratie. La France, que tant de liens d'amitié unissent à la Tunisie, lui apporte un soutien déterminé », a déclaré samedi Nicolas Sarkozy. Grand ami de la France, où il a longtemps été loué pour sa politique de développement économique et de lutte contre les islamistes, l'ex-président tunisien y est désormais persona non grata.La prise de position très molle de Paris après la répression des manifestations avait heurté les Tunisiens de France. Les intellectuels notamment « ont eu beaucoup de mal à avaler les...
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