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Liban - Analyse

Washington en panne d'influence dans la crise libanaise

Les États-Unis, qui redoutent la déstabilisation du Liban, manquent de leviers efficaces pour tenter de résoudre la crise politique provoquée par la chute du gouvernement à Beyrouth.

Saad Hariri se trouvait dans le Bureau ovale, mercredi, aux côtés de Barack Obama, au moment même où le départ des ministres du 8 Mars portait l'estocade à sa coalition et au gouvernement d'union nationale./

"L'administration dispose d'options très limitées (...) Les dirigeants arabes et iraniens auront plus d'influence pour conduire les factions à trouver un compromis", constate l'analyste Mohamad Bazzi du Council on Foreign Relations (CFR) pour l'AFP à Washington.
Le Premier ministre libanais Saad Hariri se trouvait dans le Bureau ovale, mercredi, aux côtés de Barack Obama, au moment même où le départ des ministres du Hezbollah et de ses alliés portait l'estocade à sa coalition.
Le Hezbollah, allié de la Syrie et de l'Iran, et bête noire des États-Unis, faisait depuis des mois pression sur M. Hariri, fils du Premier ministre assassiné Rafic Hariri, pour qu'il désavoue le tribunal de l'ONU (TSL) enquêtant sur ce crime.
Le président américain a réagi par un communiqué très ferme, soutenant M. Hariri et accusant le Hezbollah de vouloir "bloquer la capacité du gouvernement à gérer ses affaires et à promouvoir les aspirations de tous les Libanais".
Vendredi, l'ambassadrice des États-Unis au Liban, Maura Connelly, s'est contentée d'appeler les forces politiques rivales à "faire preuve de retenue". Rien n'indique que Washington ait les moyens d'en faire plus.
"Ces deux dernières années", dit M. Bazzi, "l'engagement de l'administration au Liban n'a été que sporadique, notamment parce que les États-Unis avaient des problèmes plus importants à traiter dans la région".
À l'inverse, continue-t-il, "la Syrie et l'Iran ont soutenu constamment leurs alliés au Liban, en particulier le Hezbollah".
C'est encore la Syrie, avec cette fois l'aide de l'Arabie saoudite, qui a négocié pendant des mois un compromis entre les factions libanaises. C'est d'ailleurs l'échec de cette initiative, ces derniers jours, qui a précipité la crise.
Après cinq ans sans ambassadeur américain à Damas, Barack Obama a estimé qu'il aurait plus d'influence sur la Syrie en ayant un représentant sur place. Robert Ford, le nouvel ambassadeur, doit s'envoler samedi pour Damas.
Le Liban sera sans doute son premier dossier, mais cela n'aura pas d'effet direct à Beyrouth, estime pour l'AFP Bilal Saab.
Pour ce spécialiste de l'université du Maryland, l'action la plus utile que pourraient entreprendre les États-Unis serait "d'agir aussitôt en cas d'escarmouches entre Israël et le Hezbollah, pour mettre fin au conflit ou le contenir", et ainsi éviter une répétition de la guerre de l'été 2006.
M. Obama doit dans l'immédiat conserver son soutien au TSL, ajoute-t-il, rejoint sur ce point par nombre de commentateurs.
Mais l'idée d'un appui inconditionnel au TSL a ses détracteurs jusqu'à Washington. Graeme Bannerman, du Middle East Institute, reproche ainsi à l'administration d'ignorer la règle absolue d'un consensus entre factions dans la politique libanaise.
En soutenant le TSL, dit-il à l'AFP, "je pense que nous compliquons en fait la vie d'Hariri".
À défaut d'influence directe, les Etats-Unis pourraient être tentés de miser sur une médiation du Qatar, qui avait déjà réussi à apaiser des tensions en 2008.
Mercredi à Doha, en présence de la secrétaire d'État Hillary Clinton, son homologue cheikh Hamad ben Jassem ben Jabr al-Thani a offert une nouvelle initiative commune avec l'Arabie saoudite.
Le président français, Nicolas Sarkozy, cherche de son côté à mettre en place un "groupe de contact" pour négocier une solution à la crise. Cette association de bonnes volontés incluerait les États-Unis aux côtés de la France, de la Syrie, de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie.
"L'administration dispose d'options très limitées (...) Les dirigeants arabes et iraniens auront plus d'influence pour conduire les factions à trouver un compromis", constate l'analyste Mohamad Bazzi du Council on Foreign Relations (CFR) pour l'AFP à Washington.Le Premier ministre libanais Saad Hariri se trouvait dans le Bureau ovale, mercredi, aux côtés de Barack Obama, au moment même où le départ des ministres du Hezbollah et de ses alliés portait l'estocade à sa coalition.Le Hezbollah, allié de la Syrie et de l'Iran, et bête noire des États-Unis, faisait depuis des mois pression sur M. Hariri, fils du Premier ministre assassiné Rafic Hariri, pour qu'il désavoue le tribunal de l'ONU (TSL) enquêtant sur ce crime.Le président américain a réagi par un communiqué très ferme, soutenant M. Hariri et accusant le...
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