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Économie - Table Ronde

Quel avenir pour la finance islamique ?

Une table ronde sur la finance islamique a été organisée hier par le bureau de Beyrouth du groupe Deloitte Middle East. Animée par l'expert mondial du groupe, David Vicary, cette rencontre-débat a porté sur l'expansion de la finance islamique dans le monde au cours de la dernière décennie, ainsi que sur les défis qui guettent ce marché de plus en plus convoité, aussi bien dans le monde islamique que dans les pays non musulmans. « Le marché halal connaît un essor sans précédent, notamment depuis la dernière crise internationale qui a dévoilé au grand jour les failles mais aussi les limites du système en place », a souligné à cette occasion David Vicary. « De plus en plus de pays, comme le Canada, le Brésil, l'Australie, le Japon, l'Inde ou la Chine s'intéressent désormais à ce type de finance » conforme aux normes de la charia.
Basée sur des principes interdisant le recours à l'intérêt (riba), ou encore à la spéculation (gharar) - considérée comme l'une des raisons principales à l'éclatement de la bulle financière en 2008 - la finance islamique est perçue par ses défenseurs comme étant une finance plus éthique, en tout cas plus stable. « Mais il ne s'agit pas uniquement de cela (...). Certains pays, comme la Chine, s'intéressent à cette forme de finance afin de renforcer leurs liens avec les pays du Golfe et de contribuer aux grands projets d'investissements qui s'y développent », a souligné ce vétéran du marché halal, dont l'expérience dans le domaine remonte à plus de vingt ans.
Quant aux pouvoirs publics occidentaux, dont certains ont déjà amendé leurs lois en vue de faciliter l'implantation de banques islamiques, ils y voient une opportunité d'attirer les capitaux des riches monarchies pétrolières, au sortir d'une crise qui a drainé leurs liquidités.
« Cela dit, il existe de nombreux obstacles qui empêchent cette finance alternative de se développer à plus grande échelle (...) », a avoué David Vicary. Le total des actifs des banques opérant selon les lois de la charia s'élève aujourd'hui à près de 1 000 milliards de dollars (contre moins de 150 milliards de dollars il y a 15 ans), soit 1 % de l'ensemble des actifs bancaires dans le monde, a-t-il rappelé à cet égard. Et pour cause : l'absence de standards globaux régissant cette activité, le nombre limité d'experts, le faible soutien étatique et la « perception erronée qu'ont certains de cette finance » à caractère religieux, a-t-il précisé.
Selon lui, la mise en place d'une infrastructure permettant la gestion des liquidités au-delà des frontières de chaque État, à travers, entre autres, une uniformisation et une harmonisation du cadre légal, mais aussi le renforcement du capital humain par le biais de l'éducation, constituent les principaux défis à relever dans les années à venir. « Certains progrès ont déjà été réalisés à ce niveau comme en témoigne la récente création de l'International Islamic Liquidity Management (IILM), une entité regroupant 11 banques centrales (...). Mais il reste encore beaucoup à faire, notamment en termes d'amélioration de l'image », a conclu l'expert mondial de Deloitte.
B.K.

Une table ronde sur la finance islamique a été organisée hier par le bureau de Beyrouth du groupe Deloitte Middle East. Animée par l'expert mondial du groupe, David Vicary, cette rencontre-débat a porté sur l'expansion de la finance islamique dans le monde au cours de la dernière décennie, ainsi que sur les défis qui guettent ce marché de plus en plus convoité, aussi bien dans le monde islamique que dans les pays non musulmans. « Le marché halal connaît un essor sans précédent, notamment depuis la dernière crise internationale qui a dévoilé au grand jour les failles mais aussi les limites du système en place », a souligné à cette occasion David Vicary. « De plus en plus de pays, comme le Canada, le Brésil, l'Australie, le Japon, l'Inde ou la Chine s'intéressent désormais à ce type de finance » conforme...
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