"Le Premier ministre doit se rendre dimanche en Côte d'Ivoire", a déclaré son porte-parole Dennis Onyango, pour une seconde mission après un voyage infructueux début janvier à Abidjan.
"Cela été vraiment très calme cette nuit", a déclaré à l'AFP sous couvert d'anonymat un chauffeur de taxi, habitant du quartier d'Abobo, sous couvre-feu depuis mercredi et jusqu'à samedi matin, comme le proche quartier d'Anyama (nord d'Abidjan).
La nuit précédente avait aussi été calme à Abobo, fief de M. Ouattara, reconnu président légitime par la communauté internationale face à M. Gbagbo après la présidentielle contestée du 28 novembre. Le quartier a été le théatre d'affrontements violents en début de semaine entre des hommes armés non identifiés et les Forces de défense et de sécurité (FDS), loyales au chef d'Etat sortant.
Au moins 11 personnes avaient été tuées, dont sept membres des forces de l'ordre, certains attaqués au lance-roquettes RPG7.
"Nous effectuons des patrouilles très prudentes" dans le quartier, a déclaré à l'AFP une source policière.
"Cela a été une grande surprise pour les FDS de trouver des citoyens plus armés qu'eux. On sait que des rebelles sont infiltrés à Abobo. Il y a des opérations en cours pour les identifier et les désarmer", a déclaré à l'AFP Ahoua Don Mello, porte-parole du gouvernement Gbagbo.
"Si les résultats ne sont pas atteints" d'ici la fin du couvre-feu nocturne fixée à samedi matin, ce dernier sera "prolongé", a-t-il ajouté, sans indiquer si des armes avaient été saisies ou non.
M. Don Mello a par ailleurs dénoncé les "accusations gratuites" formulées par la force de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci), qui a accusé "les forces civiles et militaires du camp du président Gbagbo" d'avoir incendié ou endommagé cinq véhicules de l'ONU jeudi à Abidjan.
"Il faut avoir un minimum de preuves avant d'accuser. Est-ce que les visages (des auteurs des faits) sont estampillés Gbagbo ? Il n'y a vraiment aucune preuve", a jugé le porte-parole.
Vendredi, l'Onuci a indiqué à l'AFP avoir fait une patrouille dans la nuit à Abobo, sans "incident".
Le regain de tension de ces derniers jours démontre la persistance de la crise dans laquelle la Côte d'Ivoire est plongée depuis l'élection du 28 novembre, une crise marquée selon l'ONU depuis mi-décembre par 247 morts, dont des victimes de violences interethniques sans lien direct avec l'affrontement politique.
Pour tenter de trouver une issue pacifique à la crise, le Premier ministre kényan Raila Odinga, envoyé par l'Union africaine, est attendu dimanche à Abidjan pour une nouvelle médiation.
"C'est une bonne initiative. Il est bon que des personnes viennent, écoutent, voient et que l'on puisse échanger pour trouver une solution", a estimé le porte-parole du gouvernement Gbagbo.
Pour son homologue du camp Ouattara, Patrick Achi, la venue de M. Odinga se réalise "dans la droite ligne des missions (africaines) précédentes qui consistent à dire: +nous demandons au président sortant Gbagbo d'accepter le verdict des urnes et de quitter le pouvoir pacifiquement+".
M. Gbagbo est sous la menace d'une opération militaire, en préparation au niveau de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), s'il ne cède pas le pouvoir à M. Ouattara. La Cédéao a envoyé une délégation dans les pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU.


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