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Liban - Texto

Dernier sprint

Pourquoi l'opposition a-t-elle choisi Rabieh pour annoncer sa démission ? Pourquoi avoir choisi la demeure du chef du Bloc du changement et de la réforme pour faire cette annonce déstabilisatrice, qui jette de facto le pays dans l'inconnu ?
Pourquoi l'un des grands partis chrétiens au Liban s'est-il voulu le porte-étendard d'une cause perdue d'avance et qui, de surcroît et a priori, n'est absolument pas la sienne ?
Parce qu'il s'agit pour le Hezbollah et de ses proches alliés, comme le mouvement Amal, de donner l'image d'une coalition aussi diversifiée que soudée. D'une (ex-) opposition fermement convaincue, dans toutes ses composantes, du caractère biaisé du Tribunal spécial pour le Liban.
Tout cela, mais pas seulement.
Il devient de plus en plus évident que le soudain raffermissement de la position du 14 Mars n'est pas uniquement le fruit d'un soutien inconditionnel assuré à Saad Hariri par ses alliés à l'extérieur du Liban. Cette détermination renouvelée de mener, jusqu'au bout, le processus de recherche de justice amorcé par le Tribunal spécial pour le Liban a aussi et surtout pour origine les alliés directs de Saad Hariri. Et plus précisément, ses alliés chrétiens.
Même s'ils n'ont jamais été les meilleurs amis du monde, il reste que les partis des Forces libanaises et Kataëb en ont vu d'autres.
Des guerres, des crises, Amine Gemayel et Samir Geagea en ont vécu plus qu'il n'en faut. L'un a goûté à l'exil, l'autre au cachot. Il ne serait pas excessif de dire que la seule période de l'histoire du Liban qui leur a permis de croire qu'un jour, le pays auquel ils aspirent - sur le papier - est bel et bien susceptible de devenir une réalité, est celle de février-avril 2005.
Or, depuis, ce fol espoir s'était dilué, au fil des nombreux compromis consentis sans cesse par un Saad Hariri quelquefois plus conciliant qu'il n'en fallait.
Mais, aujourd'hui, c'est de la dernière ligne droite qu'il s'agit. Celle qui va permettre à la folie meurtrière des crimes politiques de se poursuivre ou qui va, au contraire, constituer un précédent pour la première fois dans un pays du Moyen-Orient. Car c'est ce dernier sprint qui va introduire dans les pays arabes la notion de reddition des comptes. Un moment, pour le moins, historique.
Alors forcément, même si la décision n'est pas facile, Saad Hariri, porté par la détermination de ses alliés, a choisi de prendre le chemin le plus difficile. Celui de ne pas décevoir une dernière fois encore les citoyens qui ont cru dans le 14 Mars. Non pas en tant que mouvement politique, mais comme un idéal d'une nation en gestation.
Pourquoi l'opposition a-t-elle choisi Rabieh pour annoncer sa démission ? Pourquoi avoir choisi la demeure du chef du Bloc du changement et de la réforme pour faire cette annonce déstabilisatrice, qui jette de facto le pays dans l'inconnu ?Pourquoi l'un des grands partis chrétiens au Liban s'est-il voulu le porte-étendard d'une cause perdue d'avance et qui, de surcroît et a priori, n'est absolument pas la sienne ?Parce qu'il s'agit pour le Hezbollah et de ses proches alliés, comme le mouvement Amal, de donner l'image d'une coalition aussi diversifiée que soudée. D'une (ex-) opposition fermement convaincue, dans toutes ses composantes, du caractère biaisé du Tribunal spécial pour le Liban.Tout cela, mais pas seulement.Il devient de plus en plus évident que le soudain raffermissement de la position du 14 Mars n'est pas...
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