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Moyen Orient et Monde

Le Sud-Soudan est-il prêt pour l’indépendance ?

La région du Sud-Soudan a subi les ravages d'une guerre civile de trois décennies mais recèle d'importantes ressources. Au terme d'un accord de paix conclu en 2005, l'ancien mouvement rebelle SPLM gouverne le Sud avec une part d'autonomie notable grâce aux fonds provenant de donateurs et aux revenus pétroliers. Mais le Sud-Soudan peut-il survivre en devenant indépendant ?

Quels changements peut-on attendre ?
Certains analystes prévoient peu de changements après le scrutin, si ce n'est que le Sud recevra une part des revenus pétroliers plus importante que ses 50 % actuels. « Actuellement, le gouvernement sudiste a une grande autonomie d'action. Il dispose d'une assemblée, de ses propres forces de sécurité et de moyens financiers sans précédent en raison des revenus du pétrole », indique à Reuters Marc Gustafson, spécialiste du Soudan à l'université d'Oxford.
Beaucoup de responsables du Sud ne prévoient pas de changements rapides en matière de développement, la coordination économique avec le Nord étant appelée à se poursuivre le temps qu'il faudra pour que les deux économies deviennent distinctes. Nord et Sud sont notamment engagés dans des projets hydroélectriques et de développement agricole.
Une assistance qui se chiffre en milliards de dollars sera nécessaire pour un développement durable du Sud, qui possède peu d'infrastructures, routières notamment. La mission de maintien de la paix de l'ONU (Minus) devrait rester dans la région pour assurer la sécurité sur une frontière Nord-Sud contestée.

Le Sud est-il économiquement viable ?
Territoire enclavé, le Sud est tributaire des recettes pétrolières pour 98 % de son budget, mais les deux parties n'ont pas conclu d'accord sur la répartition future des revenus de ce secteur. Le Sud recèle 80 % des gisements de pétrole mais toutes les infrastructures se trouvent dans le Nord, aussi les flux et les revenus pétroliers dépendent-ils des relations bilatérales.
La communauté internationale a consacré des milliards de dollars au développement du Sud et semble prête à faire le maximum pour qu'il ne devienne pas un État en faillite comme la Somalie. En contrepartie, elle compte sur la mise en place d'un gouvernement pluraliste et transparent. Mais les manœuvres d'intimidation et les fraudes signalées lors d'élections en avril, ainsi que les progrès de la corruption à tous les niveaux de l'appareil gouvernemental, sont peu encourageants.
Avec l'aide reçue des donateurs depuis 2005, le Sud a créé 29 ministères, construit 6 000 km de routes et pistes sommaires, quadruplé la fréquentation des écoles et vaincu des épidémies de rougeole et de poliomyélite, selon Lise Grande, coordonnatrice de la mission humanitaire de l'ONU au Sud-Soudan. Mais l'entreprise privée y connaît de sévères limitations, en partie à cause du manque d'infrastructures : il n'y a que 60 km de routes asphaltées dans le Sud. Les investisseurs redoutant les risques hésiteront à affronter l'insécurité et la corruption dans cette région, mais les entrepreneurs plus audacieux y escompteront des gains massifs.

Le Sud peut-il assurer la sécurité ?
Le grand problème est celui de la frontière contestée entre Nord et Sud, où les accrochages locaux pourraient se transformer en conflits plus importants. L'avenir de la région d'Abyei est toujours une pomme de discorde et beaucoup pensent qu'elle le restera longtemps, sans même exclure qu'elle donne naissance à un conflit majeur. La force de maintien de la paix de l'ONU participe à la formation et à l'entraînement de la police et de l'armée du Sud, mais sans avoir mis fin aux affrontements entre ethnies locales.
Une amnistie et des efforts de réconciliation mis en œuvre à l'intention des groupes armés ont porté leurs fruits, aucun dirigeant sudiste ne souhaitant apparaître comme celui qui aura gâché les festivités de l'indépendance. Mais les vieilles rivalités tribales dominent encore la politique intérieure et beaucoup craignent que la disparition de « l'ennemi commun » nordiste n'aggrave la situation.
De son côté, l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), chassée d'Ouganda, a attaqué le Sud-Soudan à partir de la République démocratique du Congo (RDC) et de la République centrafricaine, faisant des milliers de déplacés et interrompant des projets agricoles dans la zone la plus fertile du Sud. Une nouvelle guerre entre deux États serait destructrice.
La région du Sud-Soudan a subi les ravages d'une guerre civile de trois décennies mais recèle d'importantes ressources. Au terme d'un accord de paix conclu en 2005, l'ancien mouvement rebelle SPLM gouverne le Sud avec une part d'autonomie notable grâce aux fonds provenant de donateurs et aux revenus pétroliers. Mais le Sud-Soudan peut-il survivre en devenant indépendant ?Quels changements peut-on attendre ?Certains analystes prévoient peu de changements après le scrutin, si ce n'est que le Sud recevra une part des revenus pétroliers plus importante que ses 50 % actuels. « Actuellement, le gouvernement sudiste a une grande autonomie d'action. Il dispose d'une assemblée, de ses propres forces de sécurité et de moyens financiers sans précédent en raison des revenus du pétrole », indique à Reuters Marc Gustafson,...
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