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Liban - La Situation

Le surplace, entre Alexandrie et Boutros Harb...

M. Harb a exposé au patriarche maronite l’objectif de son projet sur la réglementation de la vente de terrains entre Libanais. Photo Emile Eid

Le dossier chrétien continue d'occuper le devant de la scène en ces premiers jours de l'année 2011, que ce soit à travers le choc suscité par l'attentat d'Alexandrie ou, à un tout autre niveau, la polémique autour du projet de Boutros Harb prohibant la vente et l'achat de terrains entre chrétiens et musulmans.
Les effets du traumatisme créé par l'attentat contre l'église d'Alexandrie, et avant lui par l'attentat contre les chrétiens à Bagdad, ne sont en effet pas prêts de se dissiper. L'attaque meurtrière d'Alexandrie a ainsi continué à susciter la consternation la plus vive dans l'ensemble des milieux politiques libanais. Outre les condamnations de circonstance des blocs parlementaires et des responsables, le fait marquant aura sans doute été hier la visite de condoléances du président de la République, Michel Sleiman, au chef de la communauté copte, le père Louis Orachalimi, en l'église Saints-Paul-et-Marc de Jisr el-Bacha.
Mais la question chrétienne se retrouve aussi, d'une manière elliptique, au cœur de la controverse autour du projet présenté par le ministre du Travail, Boutros Harb, concernant l'interdiction de l'achat et la vente de terrains - puisque le problème concerne tout particulièrement les régions chrétiennes. C'est de Bkerké, où il s'est entretenu avec le patriarche Sfeir, que M. Harb est monté défendre son projet hier, alors même qu'il continuait d'essuyer des critiques et des attaques de part et d'autre, notamment du chef du Courant patriotique libre, Michel Aoun. Fait pour le moins curieux, d'autant que le chef du CPL était celui qui avait le plus attaqué la vente et l'achat de terrains chez les chrétiens et certains députés et cadres du parti aouniste avaient même pris les devants pour défendre le projet Harb.
Le député du Kesrouan a reproché, comme beaucoup d'autres d'ailleurs hier tant au sein du 14 Mars que du 8 Mars, le caractère « anticonstitutionnel » et « illégitime » du projet Harb, dans la mesure où il porterait atteinte à la formule de coexistence, garantie par le préambule de la Loi fondamentale. Le ministre concerné a quant à lui mis l'accent, à partir du patriarcat maronite, sur la nécessité d'une prise de conscience des dangers de ces ventes de terrains. Surtout que la plupart entreraient dans le cadre d'un projet politique régional. Une allusion à l'Iran, et à des ventes de vastes terrains, selon certaines informations, à des milieux du Hezbollah dans le jurd de Jbeil, au Metn-Nord et au Metn-Sud.
Quoi qu'il en soit, et malgré les critiques, le ministre Harb a toutefois reçu hier le soutien précieux, sur le fond, de l'ancien ministre Ibrahim Chamseddine, dont le père, feu l'imam Mohammad
Mahdi Chamseddine, avait émis une fatwa similaire en 1984. Mais M. Chamseddine a néanmoins rejoint aussi les détracteurs de M. Harb sur la forme, craignant que la mouture du projet ne soit « anticonstitutionnelle ».
Ces deux dossiers mis à part, l'actualité politique est restée routinière. Le 14 Mars a continué hier à démentir le 8 Mars au sujet de l'initiative syro-saoudite et du compromis virtuel qui étoufferait au berceau le Tribunal spécial pour le Liban. C'est, en substance, la position exprimée hier par le ministre Jean Oghassabian et le député Ammar Houri dans des entretiens télévisés, tandis que le Parti démocratique de Talal Arslane ou encore le député de Jbeil, Simon Abiramia, ont défendu la rhétorique habituelle du 8 Mars.
Plus offensif, le secrétaire général du 14 Mars, Farès Souhaid, a exprimé hier de Meerab - où il a rencontré le président du comité exécutif des Forces libanaises, Samir Geagea - l'attachement de son camp à la justice et à la stabilité sans compromis, insistant sur la symbolique charnière de l'acte d'accusation, qui viendra rompre, a-t-il dit, avec une longue tradition de violence dans le pays. Farès Souhaid devrait redéfinir ce midi dans une conférence de presse, au secrétariat général, les principes et les orientations politiques du 14 Mars, après avoir fait le bilan, au cours de l'année écoulée, de l'action de l'instance dont il est le coordinateur.
Il reste que rien n'augure actuellement d'un compromis quelconque - local ou régional - sur quoi que ce soit, y compris sur une reprise de l'activité institutionnelle, comme le prouve cette phrase pour le moins énigmatique du ministre Akram Chehayeb, reçu hier par Mgr Boulos Matar : « Il pleut des cordes aujourd'hui, et le ciel est trop chargé de nuages. » Une manière comme une autre d'annoncer que la situation est encore trop complexe pour ouvrir la voie à un déblocage. C'est d'ailleurs ce que précisent toutes les sources, qui n'entrevoient aucune possibilité de convocation du Conseil des ministres sous peu.
C'est dans ce contexte que des sources proches du chef de l'État ont indiqué hier au site Now Lebanon que « le dialogue syro-saoudite a déjà sérieusement avancé vers une entente sur de nombreux aspects positifs et des constantes importantes, et qu'il ira encore de l'avant dans ce sens », soulignant néanmoins que cette entente « en est encore au stade des principes généraux » et qu'elle n'est pas entrée « dans les détails libanais qui nécessitent un dialogue interne, calme, constructif et global ». Toujours selon ces sources, cette initiative a jusqu'à présent permis « d'assurer un cadre général qui aiderait les Libanais à avancer vers une entente interne, maintenant que le calme et la stabilité ont été assurés. Tout le monde sait désormais qu'il n'existe aucune crainte pour la réalité libanaise à l'ombre de l'orientation générale, celle d'éviter le négatif et les démarches provocatrices qui entraîneraient le pays vers le gouffre ». Selon elles, « seules un très petit nombre de personnalités sont au courant de la démarche syro-saoudite », et des garanties sur certains points bien précis sont données tant au chef de l'État qu'au président du Conseil, ou encore au secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Et d'ajouter que ce dialogue devrait s'intensifier dans les jours à venir, et se répercuter sur la scène locale où devrait progressivement régner un climat positif d'ouverture et de concertations, ce qui devrait à son tour permettre de décanter la situation pour créer les conditions favorables à la tenue d'un Conseil des ministres.
En attendant - et l'on risque vraiment d'attendre longtemps - le pays fait du surplace... jusqu'à nouvel ordre.
Le dossier chrétien continue d'occuper le devant de la scène en ces premiers jours de l'année 2011, que ce soit à travers le choc suscité par l'attentat d'Alexandrie ou, à un tout autre niveau, la polémique autour du projet de Boutros Harb prohibant la vente et l'achat de terrains entre chrétiens et musulmans. Les effets du traumatisme créé par l'attentat contre l'église d'Alexandrie, et avant lui par l'attentat contre les chrétiens à Bagdad, ne sont en effet pas prêts de se dissiper. L'attaque meurtrière d'Alexandrie a ainsi continué à susciter la consternation la plus vive dans l'ensemble des milieux politiques libanais. Outre les condamnations de circonstance des blocs parlementaires et des responsables, le fait marquant aura sans doute été hier la visite de condoléances du président de la République, Michel...
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