Dans le cadre de cet accord avec les deux organismes de refinancement hypothécaire, BofA a payé 1,34 milliard à Fannie Mae et 1,28 milliard de dollars à Freddie Mac.
BofA va également déprécier dans ses comptes du quatrième trimestre deux milliards de dollars d'écarts d'acquisition dans sa division en charge du crédit immobilier : « il y a eu une baisse de valeur de notre division d'assurance et prêts résidentiels », explique la banque.
Elle a en outre « l'intention de passer une provision de 3 milliards de dollars ».
Entre 2004 et 2008, la première banque américaine en termes d'actifs avait vendu à Fannie Mae et Freddie Mac 1 100 milliards de dollars de prêts hypothécaires hérités du prêteur Countrywide, racheté en 2008 et symbole de toutes les dérives ayant mené à la crise des « subprimes ».
L'accord « résout de façon substantielle et dans l'intérêt de nos actionnaires les problèmes hérités » des prêts de Countrywide, a commenté le patron de la banque, Brian Moynihan, ajoutant que le but de BofA « reste le même : tourner la page » au plus vite.
L'accord a été largement salué par Wall Street : l'action s'est envolée de 6,15 % à 14,16 dollars lundi.
« La banque fait le premier pas, qui devrait être suivi par plusieurs autres, pour nettoyer ses comptes de ses problèmes liés aux prêts hypothécaires », a commenté le site d'analystes 24/7wallst.com.
« C'est un accord clairement positif qui réduit les risques » liés aux prêts hypothécaires, ont renchéri les analystes de Citi.
Mais BofA, la banque américaine qui a le plus de difficultés à se remettre de la crise est loin d'avoir terminé son travail d'apurement.
Brian Moynihan a prévenu début décembre que l'activité de prêts hypothécaires allait continuer à perdre de l'argent pendant encore un certain temps.
Bank of America a encore dans ses comptes 1,3 milliard de dollars de prêts en défaut de paiement, dont beaucoup hérités de Countrywide.
La banque disposait au troisième trimestre de 5,396 milliards de dollars de provisions pour pertes sur prêts.
Citi fait remarquer que « le problème le plus important pour Bank of America reste le montant potentiel des demandes de rachats de prêts par les autres organismes », que Citi évalue « toujours entre 10 et 15 milliards de dollars ».
Un groupe d'investisseurs incluant les fonds d'investissement Pimco et Blackrock, Freddie Mac, l'assureur Met Life et l'antenne de New York de la banque centrale américaine (Fed) a mis en demeure la banque de lui racheter des titres hypothécaires qu'elle lui a vendus et qu'il évalue au total à 47 milliards de dollars.
Ces investisseurs affirment que les prêts sur lesquels reposent ces titres ne correspondaient pas aux critères d'émission qui leur avaient été présentés lors de l'achat.
La banque américaine mène actuellement des discussions avec un cabinet d'avocats représentant ce groupe pour tenter de trouver un règlement à l'amiable.
BofA, qui fait également face à de très nombreuses plaintes de particuliers liées à des erreurs dans ses procédures de saisies immobilières, est poursuivie dans ce cadre par plusieurs États américains. En outre, l'accord annoncé avec Fannie Mae ne résout que les plaintes déjà déposées et la banque s'attend à recevoir « des demandes de rachat de prêts supplémentaires de Fannie Mae », a commenté le directeur financier Charles Noski lors d'une conférence téléphonique. La banque américaine, retombée dans le rouge au troisième trimestre à cause d'une charge exceptionnelle comptable pour dépréciation d'actifs de 10,4 milliards de dollars liée à une nouvelle réglementation sur les découverts bancaires, publiera ses résultats annuels le 24 janvier.

