« Nous souhaitons que cet événement terroriste consacre l'unité nationale égyptienne et interdise au ver du confessionnalisme de miner les assises de la vie sociale, politique et nationale des Égyptiens », a ajouté M. Joumblatt.
« Le terrorisme est un ennemi commun à toutes les religions », a encore dit M. Joumblatt, notant qu'un certain terrorisme « se cache derrière des habits religieux pour mener à bien ses plans visant à attiser le feu des conflits sectaires et confessionnels dans tout le monde arabe ».
L'ancien Premier ministre Fouad Siniora a téléphoné au secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, pour s'entretenir avec lui des suites de l'attentat d'Alexandrie. M. Siniora a en outre évoqué la même question avec l'ambassadeur d'Égypte au Liban, Ahmad Bidiaoui, qu'il a reçu hier à son bureau beyrouthin.
L'ancien chef de gouvernement Salim Hoss a souligné que « les fils des communautés chrétiennes semblent visés dans certains pays arabes, comme si la discorde entre les diverses fractions du peuple arabe était l'objectif à réaliser de la part des ennemis de la nation, et à leur tête l'entité sioniste ».
« Il n'est pas possible et il n'est pas permis d'innocenter Israël de ce terrible feuilleton » d'attentats antichrétiens, a estimé M. Hoss.
Le ministre de l'Économie et du Commerce, Mohammad Safadi, a affirmé que « toute attaque visant les chrétiens dans le monde arabe est une attaque contre l'islam même en sa qualité de religion fondée sur la coexistence, la tolérance et la modération ».
Pour M. Safadi, « c'est le complot infernal d'Israël qui est le bénéficiaire de ce crime ». Ce point de vue est partagé par le ministre des Travaux publics et des Transports, Ghazi Aridi, qui a affirmé craindre l'existence d'un plan visant à vider la région de ses chrétiens.
Le patriarche grec-
orthodoxe Ignace III Hazim a adressé un message de solidarité au chef de l'Église copte, le pape Chenouda. « Nous partageons la grâce de la vie fraternelle avec de très nombreux musulmans qui condamnent eux aussi de tels attentats », souligne Mgr Hazim.
Un message similaire a été adressé au chef de l'Église copte par le ministre de l'Information, Tarek Mitri.
Rahi appelle à un sommet islamique
De son côté, l'évêque maronite de Jbeil, Mgr Béchara Rahi, a appelé à la tenue d'un sommet islamique destiné à « clarifier la position réelle du monde musulman à l'égard des courants fondamentalistes qui s'attaquent aux chrétiens sous couvert de l'islam ».
Les chrétiens d'Orient sont en danger, a souligné Mgr Rahi, appelant « les régimes arabes à assumer leurs responsabilités » à cet égard.
La Ligue maronite a condamné « le terrible massacre perpétré contre les fidèles » à Alexandrie et souligné que « les mots manquent pour en décrire l'horreur ».
« Ce massacre confirme les craintes de l'existence d'un complot mené par des forces de l'ombre et visant à ébranler la sécurité nationale égyptienne et arabe », estime la Ligue, rappelant que la présence chrétienne en Égypte remonte aux débuts du christianisme et que les coptes « ont bâti la civilisation de la vallée du Nil ».
Le Conseil supérieur grec-catholique a stigmatisé « l'acte sauvage perpétré contre les fidèles innocents, coupables simplement d'appartenir à la chère Église copte ».
Le Conseil a appelé les autorités égyptiennes à « prendre des mesures rapides et dissuasives pour mettre un terme aux assassinats et aux agressions visant les Coptes et pour consolider les libertés religieuses en Égypte ».
Pour le Conseil, « les attaques continues contre les chrétiens font partie d'un complot clair visant à vider l'Orient de ses composantes ».
Le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan, a condamné le « massacre » d'Alexandrie et réclamé une « sanction sévère » contre ses auteurs.
Pour sa part, le Rassemblement des ulémas (chiites) de Jamal Amel (Liban-Sud) a estimé que l'attentat d'Alexandrie « est l'œuvre des sionistes qui tentent de déstabiliser l'Égypte et de semer la discorde entre musulmans et chrétiens dans la plupart des pays arabes ».
Pour le député Mohammad Kabbani, « les condamnations verbales ne suffisent pas et les slogans de solidarité ne protégeront ni les chrétiens ni d'autres de la discorde sectaire ». « Il est urgent de s'attaquer au problème en profondeur », a souligné M. Kabbani.
Son collègue Ammar Houry a qualifié l'attentat de « message odieux et féroce contre l'interaction et la cohésion entre les religions ». « Ce crime avait commencé au Liban et avait échoué. Puis il s'est transporté en Irak et il a aussi échoué, et à présent en Égypte où il échouera si Dieu le veut », a ajouté M. Houry.
« Ce qui se passe nous impose davantage d'esprit responsable et exige de prendre nos distances à l'égard de l'extrémisme », a-t-il encore dit.

