La tension a baissé avec l'entrée en scène de médiateurs mandatés par la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao). Ils tentent d'éviter une intervention militaire pour renverser le régime Gbagbo, une menace brandie par cette organisation pour que M. Ouattara, reconnu par la communauté internationale, soit installé au pouvoir. Après une mission mardi à Abidjan, les présidents Boni Yayi (Bénin), Ernest Koroma (Sierra Leone) et Pedro Pires (Cap-Vert), doivent revenir lundi après avoir rendu compte de leurs premiers entretiens avec MM. Gbagbo et Ouattara à Goodluck Jonathan, chef d'État nigérian et président en exercice de la Cédéao. Le Ghana a déjà averti qu'il n'enverrait pas de troupes chez son voisin ivoirien.
Tout en disant préférer l'option diplomatique, M. Ouattara a appelé hier à « aller vite (...) Il est temps d'agir et de sortir de cette situation ». Le camp Ouattara, plutôt démuni à l'intérieur du pays, gagne du terrain sur le plan diplomatique avec la reconnaissance d'ambassadeurs qu'il a désignés et en appelle à la communauté internationale pour éviter ce qu'il nomme « un génocide ». Le conseiller spécial de l'ONU chargé de la prévention du génocide, Francis Deng, s'est déclaré « très inquiet » de la situation.
Isolé sur le plan international, M. Gbagbo peut cependant se réjouir de l'arrivée hier à Abidjan de deux soutiens : l'ancien ministre socialiste français des Affaires étrangères Roland Dumas et Jacques Vergès ; deux avocats français de renom qui n'ont pas tardé à s'en prendre à l'ex-puissance coloniale, accusée d'ingérence.
Enfin, plusieurs chaînes de télévision d'informations étrangères, dont la diffusion avait été interdite en Côte d'Ivoire début décembre au commencement de la crise postélectorale, sont de nouveau accessibles depuis hier. Dans un communiqué publié dans la presse ivoirienne, la direction générale de Canal+ Côte d'Ivoire, qui diffuse ces chaînes via son bouquet Canalsat Horizons, se félicite que les chaînes I-Télé, Euronews, LCI, notamment, ainsi que les radios BBC ou RFI soient à nouveau accessibles pour les Ivoiriens. La diffusion de la chaîne France 24 n'avait cependant toujours pas repris.

