À Athènes, en Grèce, des membres de la police scientifique inspectent le périmètre du lieu où une bombe a explosé tôt hier matin. Louisa Gouliamaki/AFP
À Athènes une bombe a explosé devant un tribunal. Peu avant, un autre engin a explosé à Buenos Aires devant l'ambassade de Grèce où les dégâts sont mineurs, selon la police argentine. Dans les deux cas aucune revendication n'a été reçue. « Selon les premières informations un cocktail Molotov a été lancé contre l'ambassade de Grèce (en Argentine) par des inconnus », a indiqué le ministère grec des Affaires étrangères. À Athènes, la bombe a fait voler en éclats des vitres du tribunal et de bâtiments proches, et endommagé des véhicules en stationnement, des débris jonchant le sol dans un vaste périmètre, ont indiqué les médias. La police avait fait évacuer la zone après un coup de fil d'avertissement. Des images de télévision ont montré de la fumée s'élevant devant le bâtiment du tribunal de première instance d'Athènes. « Ma maison a été secouée et j'ai vu des flammes hautes de cinq mètres », a dit un habitant à la radio privée Flash. L'engin aurait été placé sur une moto volée, selon une source policière. Le gouvernement grec a fermement condamné cet attentat, dénonçant une action « qui vise à terroriser la démocratie et les citoyens » et promettant que les auteurs seraient jugés.
Ces attentats interviennent moins de trois semaines avant l'ouverture du procès d'une douzaine de membres présumés d'un groupe anarchiste radical, la « Conspiration des cellules de feu ». Mais le tribunal visé hier ne sera pas celui du procès des membres présumés du groupe, prévu le 17 janvier. Début novembre, la Grèce avait connu une série d'attaques et de tentatives aux colis piégés notamment contre des ambassades et des dirigeants européens, attribuées à la mouvance anarchiste extrémiste. Quatre des colis avaient détoné et une employée d'une entreprise de messageries avait été blessée. Lié à la mouvance anarchiste locale, le groupe des « Cellules de feu » a revendiqué ces attaques le 23 novembre via une lettre publiée sur le site alternatif Indymedia. Celle-ci était signée par deux membres présumés du groupe et arrêtés lors d'un de ces attentats. Au total 14 colis piégés avaient été expédiés à des ambassades à Athènes ou à des dirigeants étrangers en Allemagne, en Italie et en France. La « Conspiration des cellules de feu » s'est fait connaître en 2008 avec des attentats à l'engin incendiaire. Selon la police, il n'a jamais signé d'action meurtrière.
À Rome la semaine dernière, deux colis piégés avaient explosé aux ambassades de Suisse et du Chili, faisant deux blessés. Ils avaient été revendiqués par la Fédération anarchiste informelle (FAI), dans un message retrouvé à l'ambassade du Chili : « Détruisons ce système de domination. Vive la FAI, vive l'anarchie. FAI, cellule révolutionnaire Lambros Fountas ». Lambros Fountas, membre présumé d'un groupe extrémiste grec « Lutte révolutionnaire », avait été tué en mars à Athènes dans un affrontement avec la police. Toujours à Rome, un paquet contenant des explosifs avait été découvert lundi à l'ambassade de Grèce, mais a pu être neutralisé et n'a pas fait de victime.

