La télévision iranienne en langue arabe Al-Alam a montré mardi les images de la rencontre.
Sur les images, prises visiblement dans un hôtel, on voit les deux journalistes allemands, deux femmes membres de leur famille, ainsi que trois autres personnes, l'ambassadeur allemand à Téhéran, Bernd Erbel, un autre diplomate allemand et un responsable iranien assis autour d'une table où on leur sert du thé.
Les deux femmes portent un voile léger sur la tête, obligatoire en Iran, alors que les deux journalistes portent des sweat-shirts et semblent visiblement mal à l'aise.
Les familles ont passé la nuit avec les deux journalistes et doivent quitter l'Iran dans la nuit, selon une source bien informée.
Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle a remercié son homologue iranien Ali Akbar Salehi pour son "soutien", selon son ministère.
M. Westerwelle a également rappelé que le gouvernement souhaitait "le prochain retour de (ses) deux concitoyens en Allemagne".
"Les familles se sont rendues à Tabriz et les ont rencontrés lundi soir", a déclaré mardi matin Ramin Mehmanparast, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.
Les familles se sont également entretenues lundi avec Ali Akbar Salehi qui a, selon lui, rendu possible cette rencontre, en tenant compte de l'approche du Nouvel An chrétien.
Il a souligné que leur sort dépendait de la justice, qui examine actuellement leur dossier.
L'agence officielle Irna avait rapporté lundi que "la possibilité d'une rencontre entre les deux Allemands et leur famille a été créée" après une demande en ce sens de M. Westerwelle auprès de l'Iran.
Les deux Allemands ont été arrêtés en octobre à Tabriz, alors qu'ils interviewaient le fils et l'avocat de Sakineh Mohammadi-Ashtiani, une Iranienne condamnée à la lapidation pour qui la communauté internationale s'est mobilisée.
Les autorités iraniennes reprochent aux deux Allemands d'être entrés en Iran en tant que touristes et non en tant que journalistes.
Les journalistes étrangers doivent obtenir une autorisation spéciale du ministère de la Culture pour pouvoir travailler en Iran. Les journalistes allemands ne l'avaient pas demandée.
Lundi matin, le gouvernement allemand avait exprimé son "irritation" à l'ambassadeur iranien en Allemagne au sujet de l'annulation d'une rencontre entre les journalistes et leur famille, alors que le 7 décembre, le ministère iranien des Affaires étrangères avait indiqué examiner une requête des deux Allemands pour voir leur famille à l'occasion du Nouvel An.
Les deux Allemands, employés par l'hebdomadaire Bild am Sontag, ont été arrêtés en octobre en même temps que leurs interlocuteurs, le fils et l'avocat de Sakineh Mohammadi-Ashtiani.
Cette Iranienne, également emprisonnée à Tabriz, a été condamnée à mort par deux tribunaux différents en 2006 pour son implication dans le meurtre de son mari. Sa condamnation pour meurtre a été ramenée à 10 ans de prison en appel en 2007, mais sa condamnation à la lapidation pour adultères a été confirmée la même année par une autre cour d'appel. Cette condamnation serait en cours de réexamen par la justice.
"Ces deux ressortissants allemands se trouvent dans la prison de Tabriz et bénéficient de tous les droits légaux et juridiques comme n'importe quel ressortissant iranien", a déclaré le procureur général et révolutionnaire de la ville.


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