Les partisans de M. Ouattara ont cependant eu un motif de satisfaction à l'étranger. Une trentaine d'entre eux « ont pris le contrôle » hier, sans « incident notoire », de l'ambassade de Côte d'Ivoire à Paris, a indiqué une source policière française. Ils entendaient au départ y rester jusqu'à l'arrivée du nouvel ambassadeur désigné par M. Ouattara en remplacement de Pierre Kipré, un proche de Gbagbo. Mais, selon un de leurs responsables, ils devaient cesser d'occuper les lieux dans la soirée, à la demande du « président Ouattara ». L'ex-puissance coloniale française a indiqué avoir été informée de la désignation d'un nouveau diplomate et avoir engagé la procédure d'agrément.
Laurent Gbagbo se prépare à une échéance plus importante aujourd'hui, avec la venue à Abidjan des présidents Boni Yayi (Bénin), Ernest Koroma (Sierra Leone) et Pedro Pires (Cap-Vert). Ils doivent l'appeler à céder la place, au nom de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), qui a menacé de recourir à la « force légitime » s'il ne se pliait pas à cette injonction. L'Union africaine a demandé au Premier ministre kényan, Raila Odinga, de coordonner les efforts de l'organisation panafricaine sur ce dossier. Il avait récemment suggéré de déloger Gbagbo par la force. Le gouvernement Gbagbo avait déjà clairement averti contre une opération de la Cédéao, en insistant sur la présence sur le sol ivoirien de millions d'immigrés ouest-africains, qui pourraient être pris à partie.
De son côté, la mission de l'ONU dans le pays, l'Onuci (9 000 hommes), dont Gbagbo demande le départ, a reçu une visite de « soutien » du responsable des opérations de maintien de la paix des Nations unies, Alain le Roy.
Les craintes de nouvelles violences - 173 morts récemment selon l'ONU, 53 morts depuis fin novembre pour le gouvernement Gbagbo - poussent de plus en plus d'Ivoiriens à quitter leur pays. Quelque 14 000 ont fui vers le Liberia depuis un mois, selon l'ONU. La majorité d'entre eux a moins de 18 ans, a précisé le gouvernement libérien.

