Il y a d'abord eu la crise de 1952 qui avait débouché sur l'élection du président Camille Chamoun et où, sous la sage direction du général Chéhab qui avait été nommé à la tête d'un gouvernement de transition, tout avait été mis en œuvre pour éviter que la fin mouvementée du régime du président Béchara el-Khoury ne s'accompagne d'un surcroît de difficultés.
Après deux années supplémentaires d'études en France (1953-1954), il est breveté de l'École d'état-major.
De 1954 à 1955, il est chef du Deuxième Bureau (les renseignements).
Puis est venue la crise de 1958 où l'armée se démenait pour accomplir son devoir malgré les débordements et les critiques ingrates, recevant les coups dans un silence remarquable et sans parti pris. Le manque d'effectifs avait alors poussé le capitaine Genadry, commandant l'École militaire, à conduire lui-même les élèves officiers sur le terrain pour éteindre les braises laissées par les esprits enflammés, au mépris des balles qui ont touché un soir sa Simca Aronde, percutant miraculeusement le pare-brise entre lui et son chauffeur.
Puis il y a eu la tentative de coup d'État du PPS (Parti populaire syrien, aujourd'hui Parti syrien national social). Enlevé par les putschistes dans la nuit du 31 décembre 1961 avec d'autres officiers-clés du régime Chéhab, le commandant Genadry réussit avec ses camarades, les commandants Fayez el-Racy et Toufic Jalbout, à maîtriser les ravisseurs et à prendre le contrôle de la voiture qui les emmenait vers l'inconnu pour pouvoir renverser le régime et imposer leur idéologie géopolitique.
Déjà licencié en histoire et géographie, le lieutenant-colonel Genadry avait commencé sa vie active par le journalisme ; et comme sa seule expérience militaire ne suffisait pas à combler ses motivations et sa soif de culture, il décroche à l'Université Saint-Joseph, dans les années 60,un diplôme de droit.
En 1970, après trois années d'études supplémentaires en France, il est breveté de l'École supérieure de guerre.
Revenu dans les années 70 à l'École militaire de Fayadieh, qu'il avait déjà commandée à deux reprises auparavant et où il avait enseigné pendant 29 ans, le colonel Genadry est promu général et est appelé à prendre en charge quelques portefeuilles du gouvernement militaire présidé par le général Noureddine Rifaï à une époque où les événements entre Libanais et Palestiniens avaient neutralisé les politiques. Mais l'armée était bien évidemment là pour assurer la garde du pays du Cèdre, lui offrant tous ses moyens jusqu'à épuisement. Entre autres portefeuilles, celui du ministère des Postes et Télécommunications lui incombe alors que le courrier n'arrivait plus à destination. « C'est bien simple, disait-il d'une manière un peu plaisante, il y avait dans la capitale et les grandes villes une minorité de facteurs, alors que la grande majorité était répartie sur les régions. » Très rapidement, en réaffectant les facteurs en fonction des volumes de courrier et en mettant à contribution les élèves officiers (encore cette pépinière d'hommes dévoués), il est arrivé à assurer une distribution normale malgré la période trouble que traversait le pays.
Comme en témoignent ses 3 croix de guerre et ses multiples décorations, François Genadry a toujours été fidèle au rendez-vous des moments difficiles du Liban, jusqu'au jour où la politique de l'aventure s'est acharnée à écarter prématurément les valeurs et les compétences pour donner libre cours à ses jeux de hasard ; le fait étant que, suite aux affrontements libano-palestiniens de 1975/1976, on avait trouvé bon, sous Dieu sait quelle logique, de prier les officiers supérieurs de l'armée de démissionner. Cette fausse manœuvre avait malheureusement privé le Liban d'un potentiel qui lui aurait été certainement utile, mais le général Genadry est demeuré un modèle de culture, de bravoure et de savoir-faire pour les générations.
Qu'il repose dans la paix de Dieu.


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