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Économie - Liban - Énergie

Le projet de construction d’un gazoduc côtier enfin sur les rails

Le ministre Gebran Bassil a annoncé hier le prochain lancement d'un appel d'offres pour la construction d'un gazoduc le long de la côte libanaise. Ce projet, dont le coût est estimé à 360 millions de dollars, devrait dégager des économies annuelles de 750 millions de dollars.

La construction du gazoduc côtier constitue l’une des mesures phares du plan global de réforme du secteur de l’énergie, approuvé par le gouvernement en juin dernier.

Le ministre de l'Énergie, Gebran Bassil, a tenu hier une conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé le prochain lancement du projet de construction d'un gazoduc côtier, détaillant les différents aspects, financiers et techniques, de ce projet « stratégique » qui devrait relier toutes les centrales électriques érigées sur le littoral libanais.
Ce projet constitue l'une des mesures phares du plan global de réforme du secteur de l'Électricité approuvé par le gouvernement en juin dernier, qui vise à augmenter la production énergétique à 4 000 mégawatts (MW) à l'horizon 2015 (contre environ 1 600 MW à l'heure actuelle).
Ce plan, qui nécessitera un financement global de quelque cinq milliards de dollars, prévoit, outre la construction d'un gazoduc côtier, la mise sur pied de nouvelles centrales (fonctionnant notamment au gaz) d'une capacité totale de 1 500 mégawatts, en vue d'assurer un approvisionnement en courant électrique 24h/24 d'ici à cinq ans.

19 sociétés présélectionnées
Le gazoduc, dont le coût de construction est estimé à 360 millions de dollars, s'étendra sur 174 kilomètres de Deir Ammar, dans le Nord, à Tyr, dans le Sud, a indiqué hier Gebran Bassil. Le tracé choisi est celui de l'ancienne ligne de chemin de fer.
Quant au gaz, il sera acheminé par voie terrestre en provenance de Syrie qui est elle-même reliée au gazoduc arabe, d'une part, et au gazoduc qui reliera en 2012 la Russie, l'Iran et la Turquie, d'autre part.
Aucune date n'a toutefois été fixée pour le lancement de l'appel d'offres et le démarrage des travaux. « Nous pourrons lancer l'appel d'offres dès que les financements seront assurés », s'est contenté d'affirmer à cet égard le ministre Bassil. Une fois amorcés, « les travaux devront s'achever dans un délai variant entre 18 et 26 mois », a-t-il ajouté, précisant que le projet sera découpé en cinq tronçons, entre Deir Ammar, Selaata, Zouk, Naamé, Zahrani et Tyr.
Au total, 33 sociétés étrangères et/ou libanaises ont présenté des demandes de préqualification pour le projet et 19 ont été présélectionnées. « Il s'agit de sociétés dont le chiffre d'affaires annuel varie entre 300 millions de dollars et 5,6 milliards de dollars », a souligné en outre Gebran Bassil. Cinq d'entre elles ont également proposé de financer le projet.
Quant au cahier des charges, il a été élaboré par la société ACE chargée d'une étude de faisabilité complète à l'issue d'un appel d'offres qu'elle a remporté le 10 août dernier pour 1,05 million de dollars, a-t-il précisé.

Des économies annuelles de 750 millions de dollars
Sur le plan financier, ce projet stratégique devrait dégager des économies de quelque 750 millions de dollars par an, selon le ministre Bassil, et réduire ainsi de manière considérable le déficit de l'EDL, qui a totalisé plus de 4 milliards de dollars au cours des trois dernières années, à l'ombre de la flambée des cours mondiaux de pétrole.
Le passage au gaz naturel - combustible moins cher et moins polluant - constitue à cet égard un élément-clé pour limiter la dépendance du Liban aux fluctuations des prix internationaux et réduire sa facture pétrolière, estimée aujourd'hui à près de 13 % du PIB.
C'est d'ailleurs dans cette perspective que le plan global de réforme du secteur de l'énergie a prévu d'augmenter à 66 % la part du gaz naturel dans la production électrique totale.
Force est de rappeler à cet égard que les deux centrales de Zahrani (au Sud) et de Beddawi (au Nord) construites au milieu des années 90, et d'une capacité totale de 900 MW, ont fonctionné, depuis leur instauration, au mazout, alors qu'elles étaient conçues pour fonctionner au gaz. Selon certains analystes, cela a non seulement limité la production de ces centrales à 30 % de leur capacité optimale, mais a engendré également des pertes indirectes chiffrées à plusieurs centaines de millions de dollars.
Rappelons en outre que selon un rapport du consultant mondial Poten & Partners, publié il y a six mois, les réserves mondiales de gaz devraient augmenter en moyenne de 80 millions de tonnes par an d'ici à 2013. Le rapport avait souligné que la conversion au gaz naturel devrait ainsi largement profiter au Liban qui pourrait négocier des prix relativement bas sur un marché encore excédentaire.
Le ministre de l'Énergie, Gebran Bassil, a tenu hier une conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé le prochain lancement du projet de construction d'un gazoduc côtier, détaillant les différents aspects, financiers et techniques, de ce projet « stratégique » qui devrait relier toutes les centrales électriques érigées sur le littoral libanais.Ce projet constitue l'une des mesures phares du plan global de réforme du secteur de l'Électricité approuvé par le gouvernement en juin dernier, qui vise à augmenter la production énergétique à 4 000 mégawatts (MW) à l'horizon 2015 (contre environ 1 600 MW à l'heure actuelle).Ce plan, qui nécessitera un financement global de quelque cinq milliards de dollars, prévoit, outre la construction d'un gazoduc côtier, la mise sur pied de nouvelles centrales...
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