"Il réunit ce matin ses ministres pour leur indiquer que les trois objectifs prioritaires sont la sécurité, les services publics -surtout l'électricité- et les relations avec les voisins", a indiqué mercredi à l'AFP Ali Moussawi, proche conseiller du chef du gouvernement.
Mais pour deux de ces trois dossiers il n'a pas encore nommé de ministres.
Pour M. Maliki, qui assure l'interim des ministères de la Défense, de l'Intérieur et de la Sécurité nationale, les forces irakiennes doivent être capables d'assurer la sécurité lorsque les 50.000 derniers soldats américains auront quitté le territoire.
Le Premier ministre, qui ne souhaite pas une prolongation de la présence américaine, peut se targuer d'avoir divisé par sept le nombre des morts depuis son arrivée au pouvoir en 2006 même si cette année 3.500 personnes ont été tuées dans des actes de violences.
Mais si de rudes coups ont été portés à Al-Qaïda, cette organisation reste encore active avec des opérations spectaculaires comme le carnage dans une église de Bagdad le 31 octobre. L'attaque dans laquelle 44 fidèles et 2 prêtres avaient été tués avait provoqué une vive émotion dans le monde et un exode des chrétiens.
Par ailleurs, sept ans après l'invasion conduite par les Etats-Unis, les services publics sont toujours dans un état déplorable notamment la production d'électricité.
C'est le nouveau vice-Premier ministre Hussein Chahristani, ministre du Pétrole et de l'Electricité par intérim dans le gouvernement sortant, qui aura la charge du dossier faute de titulaire pour le portefeuille de l'Energie.
La demande d'électricité se situe autour de 15.000 MW alors que le pays en produit 6.000 MW et en importe 1.000 MW. Les coupures de courant ont entraîné de violentes manifestations, notamment en été en raison de la chaleur, et l'ancien ministre de l'Electricité a dû démissionner en juin.
C'est à l'indéboulonnable ministre des Affaires étrangères, le Kurde Hoshyar Zebari, en poste depuis 2003, que revient la tâche d'améliorer les relations avec les voisins.
Si avec la Syrie, l'atmosphère est meilleure après une crise de plusieurs mois quand Bagdad avait accusé Damas de protéger des "terroristes", les relations avec l'Arabie saoudite sont mauvaises car Ryad n'a jamais accepté de voir les sunnites évincés du pouvoir au profit des chiites.
Ce gouvernement de compromis compte 45 ministères et secrétariats d'Etat, dont dix n'ont pas encore été pourvus. L'Alliance Nationale (chiite) s'octroie la part du lion avec le poste de Premier ministre, un de vice-Premier ministre et 17 portefeuilles, dont celui du Pétrole.
La liste Iraqiya obtient un poste de vice-Premier ministre et huit ministères, dont les Finances, et les Kurdes gardent leur poste de vice-Premier ministre et gèrent trois ministères, dont les Affaires étrangères. La petite coalition Wassat (10 sièges) obtient deux ministères et un chrétien devient ministre de l'Environnement.
Selon un décompte de l'AFP, parmi les 35 ministres nommés figurent 20 chiites, 10 sunnites, 4 kurdes et un chrétien
Le journal Ad Dustour regrette qu certains ministres aient été choisis "par népotisme et pour satisfaire les partis politiques".
"La classe politique voudrait que nous soyons contents du nouveau gouvernement (...) Bon, nous sommes contents, mais pas comme pourrait l'être un père devant le succès de son fils", ironise pour sa part le journal As-Sabah (officiel).


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