Simon, Del Potro et Davydenko auront fort à faire cette saison pour rattraper le temps perdu et remonter au classement de l’ATP. Ce ne sera pas une mince affaire vu le nombre et la qualité des joueurs présents dur le circuit.
Retrouver la confiance
Moins marquante sur le circuit, la longue absence de Gilles Simon, qui a traité des tendinites au genou droit, a modifié la dynamique de la carrière du Français. 7e mondial en 2009, il a depuis chuté aux alentours de la 40e place. Logique mathématiquement. Ce qu'il faut noter ici, c'est le parcours enduré par le joueur pour revenir à son meilleur niveau. Simon a longtemps cogité avant de retrouver des sensations.
C'est à Valence, contre Nikolay Davydenko, soit un des derniers tournois de la saison, qu'il a pu enfin s'exprimer normalement, et encore. « Je peux frapper plus fort encore », disait-il en sortant du court. Battu une troisième fois en trois matches (difficiles) de Coupe Davis, en finale, « Gillou » n'était pas le joueur idéal selon Guy Forget pour jouer le match décisif, perdu par Michaël Llodra. Cette saison se termine donc pour le protégé de Thierry Tulasne en queue de poisson. Cela l'aurait-il aidé de jouer ce match ? En 2011, Simon, qui jouait depuis son adolescence plus de matches que tous ses collègues, aura besoin d'une bonne saison complète pour repartir de l'avant.
Des trajectoires étonnantes
Destin quasi pareil pour Nikolay Davydenko et Marin Cilic : vous les auriez vus en début de saison... Lui, le Russe aux réparties cinglantes et pince-sans-rire, tout auréolé de sa victoire en finale du Masters, qui menait un set à rien et un break d'avance face à Roger Federer à l'Open d'Australie. Et l'autre, le Croate, avec ses deux titres et sa demi-finale de grand chelem après trois tournois... De quoi bomber le torse et faire spéculer les experts du circuit.
Et puis, plus rien, ou presque. Davydenko a perdu face à Federer, il a réussi à atteindre les demi-finales à Rotterdam et n'a plus joué un dernier carré de la saison, la faute aussi à un sérieux contretemps (fracture du poignet au mois de mars). Il est même sorti du top 20 de l'ATP pour la première fois depuis 2004 ! Quant à Cilic, il a fait illusion à Munich et Washington, mais n'a jamais joué le tennis que l'on attendait, stagnant vers le top 15, au niveau qui était déjà le sien au printemps 2009. Entouré par l'illustre Bob Brett et le non moins célèbre Goran Ivanisevic, il va devoir défendre de précieux points dès janvier.
Söderling avance, Roddick à reculons
Andy Roddick et Robin Söderling ont connu des trajectoires peu lisibles en 2010 et souvent croisées. Roddick a fait les beaux jours du circuit pendant trois mois, Söderling, excepté Rotterdam, n'arrivait pas à mettre un parpaing de coup droit l'un après l'autre avant la première tournée américaine. Et c'est Andy qui a pris le meilleur sur Robin à Indian Wells avant de s'imposer à Miami, tandis que le Suédois s'arrêtait en demi-finale. Ensuite, Söderling réussit Barcelone (finale) puis ne gagne plus un match avant d'atteindre la finale à Roland-Garros pour la seconde fois de suite ! Roddick, diminué, perd, lui, lourdement au Queen's et à Wimbledon face à Dudi Sela et Lu Yen-hsun. Il sort du top 10, ce qui ne lui était pas arrivé depuis huit ans. À Cincinnati, Roddick domine encore Söderling, mais il ne va pas jusqu'au bout. L'Américain perd enfin à Bercy devant le même adversaire qui, lui, décroche sa première victoire en Masters Series. Numéro quatre mondial au sortir du POPB, le Suédois encaisse deux défaites au Masters et se retrouve n° 5 après sa défaite devant Andy Murray. Söderling s'est découvert une âme de top 3 (selon ses déclarations à Bercy) sans pour l'instant en avoir la régularité. Il s'est, qui plus est, récemment séparé de celui qui l'a « cadré », Magnus Norman, pour repartir avec Claudio Pistolesi. Roddick ne semble pas capable de retrouver son niveau de jeu de Wimbledon 2009. L'apogée de sa carrière ? On disait aussi cela il y a quelques années...

